l'édit de Fontainebleau
18 octobre 1685
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le contexte
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une longue période de tolérance
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Les guerres de religion qui ont opposé catholiques et protestants n'ont (heureusement) pu amener la destruction d'aucun des deux camps. Contre toute attente, une paix durable a été instituée par l'édit de Nantes.

 13 avril 1598 1 : Edit de Nantes : Liberté de culte pour les Protestants. Fin des guerres de religion.

Les protestants (minoritaires démographiquement) ont reçu la liberté de conscience et une certaine liberté religieuse. Pour garantir leur sécurité en cas de changement d'humeur du pouvoir royal, de solides garanties militaires leur ont été données.

Henri IV signe l'édit de Nantes - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
Henri IV signe l'édit de Nantes - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
Louis XIII

Sur le plan de la paix religieuse, l'édit est une réussite et ont mis fin aux guerres de religion. Sur le plan politique et militaire, le pouvoir monarchique qui devient de plus en plus absolutiste (le roi controle tout et dirige tout) s'accomode mal d'une puissance militaire échappant à son contrôle au sein du royaume. Louis XIII et Richelieu éliminent donc la puissance militaire protestante, pas parce qu'elle est protestante, mais parce qu'elle est un état dans l'état.

 septembre 1627 à 28 octobre 1628 2 : Siège de La Rochelle.
 8 au 17 juin 1629 3 : Louis XIII et Richelieu assiègent la place protestante d'Alès. La ville se rend au bout de neuf jours.
 28 juin 1629 4 : Edit de grâce d'Alès : confirme les libertés religieuses, mais supprime les places de sûreté des Protestants.

Les principes fondamentaux de l'édit de Nantes (liberté religieuse) sont confirmés et même étendus. Ni Louis XIII ni Richelieu n'abuseront de l'affaiblissement des protestants pour les persécuter.

Richelieu fait le siège de La Rochelle - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1960
Richelieu fait le siège de La Rochelle - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1960
les persécutions reprennent
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Avec Louis XIV, les choses changent. Ce roi est le champion de l'absolutisme royal. Le roi est tout (« l'Etat c'est moi ») et doit tout contrôler... et ses choix ne peuvent être discutés par personne, y compris en matière religieuse. Sur ce point, les protestants le dérangent : le fondement du pouvoir du roi de France est le droit divin, c'est-à-dire qu'il est à cette place parce que Dieu (de l'Eglise catholique) l'a décidé, et il n'a donc de compte à rendre à personne ici bas. La véracité de la foi catholique est donc une necessité politique pour lui, et aucune mise en cause ne peut être tolérée...

Louis XIV veut une France uniforme : « un roi, une foi, une loi » (on n'est pas loin du « ein Reich, ein Volk, ein Führer » d'Hitler). Les protestants font désordre dans ce plan d'ensemble, il décide donc d'y remédier, aidé par la vulnérabilité où l'édit de grâce d'Alès a mis ces derniers.

Statue de Louis XIV

A partir de 1660, et jusqu'en 1685, les persécutions vont s'enchaîner contre les protestants, et de plus en plus fort. Le moyen le plus connu est la dragonnade, qui consiste à envoyer un régiment militaire (les dragons) mener sur les protestants toutes les agressions qu'ils meneraient en pays ennemi, et ce tant qu'ils ne se seront pas convertis, le tout au frais des persécutés ! Mais il y a aussi tout un arsenal juridique interdisant quasiment tout aux protestants : interdiction de se rassembler, interdiction de communiquer, interdiction d'exercer certains métiers, et même interdiction de s'enfuir à l'étranger sous peine de condamnation aux galères.

Il ne reste dès lors plus aux protestants qu'à se convertir, s'éxiler ou mourir. Les exils et les conversions se multiplient. La question protestante lui apparaissant liquidée, Louis XIV finit par un geste symbolique : révoquer le texte avec lequel tous ses textes repressifs sont en contradiction et que son grand-père avait promulgué pour donner leurs droits aux protestants.

le contenu
Haut de pageles persécutions reprennentles conséquences

Le texte annule ce qui restait de l'édit de Nantes (déjà vidé de son contenu politique et militaire par l'édit de grâce d'Alès), c'est-à-dire la liberté religieuse.

Parmi les articles repressifs, on trouve :

  • l'interdiction du culte protestant, avec obligation de conversion
  • la destruction des temples
  • le banissement des pasteurs
  • l'interdiction de quitter le territoire pour les non pasteurs

Pour le pouvoir royal, cet édit n'est pas le signal des persécutions (déjà lancées depuis longtemps), mais au contraire un moyen de signifier qu'on considère l'épisode protestant comme terminé en France. On fait alors un grand ménage des textes juridiques pour supprimer ceux qui sont considérés comme obsolètes puisqu'ils régissent les droits d'une minorité qu'on vient de faire disparaître, si ce n'est dans les consciences, au moins de la légalité.

La portée du texte n'est donc pas fonctionnelle (on n'en a pas eu besoin depuis 25 ans pour persécuter les protestants), mais symbolique et politique. Et c'est en celà qu'il est important et historique.

les conséquences
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Les conséquences ne sont pas simplement celles de l'édit de Fontainebleau mais plus globalement celles de la période de persécution des protestants sous Louis XIV, dont l'édit de Fontainebleau est l'élément le plus symbolique et par là même le plus connu.

A court terme, il y a bien sur le drame humain de toutes les personnes persécutées, éxilées voire tuées suite à ces persécutions. Mais à moyen et long terme, c'est le royaume de France qui finit en victime de cette période d'acharnement. En effet, le protestantisme était surtout ancré dans les élites citadines. C'est donc dans ces couches sociales qu'on trouvera le déficit du aux éxils, amenant la disparition du royaume (au profit de nos voisins protestants) d'artisans, commerçants et financiers précieux.

Louis XIV aura réussi à faire disparaître sur le papier la religion réformée de son royaume catholique, mais aura perdu un partie importante de ses élites économiques et financières. A long terme, l'impact sur l'économie du royaume est dommageable.

Les protestants ne disparaitront cependant pas réellement du royaume, et la religion réformée y survivra. Il faudra attendre un siècle pour que les protestants retrouvent enfin un droit légal d'exister.

 7 novembre 1787 5 : Louis XVI, par un lit de justice, impose un édit reconnaissant les protestants et leur permettant d'accéder à l'état civil.
Sources des dates citées dans cette page :
 - 1 (13 avril 1598) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 51
 - 2 (septembre 1627 à 28 octobre 1628) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 53
 - 3 (8 au 17 juin 1629) : d'après Wikipédia article Siège d'Alès
 - 4 (28 juin 1629) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 53
 - 5 (7 novembre 1787) : d'après le site "histoire de l'Europe et de la Méditerranée" (rechercher 1787)
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