la bataille de Poitiers
19 septembre 1356
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le contexte
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La tension entre l'Angleterre et la France à propos des possessions anglaises sur le continent dure depuis le début du le XIIième siècle - de 1101 à 1200
 
le temps des cathédrales
[Siècle]
XIIième siècle
. Une la première guerre de cent ans
[29 juillet 1108 / 27 juillet 1214]
 
Nombre de conflits liés : 2
Nombre d'evenements liés : 2
[Période] [Conflit]
première guerre de Cent Ans
a eu lieu qui a vu les rois de France arracher aux anglais la plupart de leurs territoires (en particulier l'Anjou et la Normandie). Les possessions anglaises se réduisent en ce milieu de le XIVième siècle - de 1301 à 1400
 
Source et fureur de la guerre de cent ans
[Siècle]
XIVième siècle
à la Guyenne, maigre reliquat de la grande Aquitaine de jadis.

Avec l'accession des les Valois
font partie des Capétiens
 
Nombre de titulaires enregistrés dans le site : 14
 
Nombre de branches distinguées dans le site : 3
[Dynastie ou titre]
Valois
au trône de France (au détriment du roi d'Angleterre Edouard III
Roi d'Angleterre    
[13 novembre 1312 / 21 juin 1377]
  
[Biographie]
Edouard III
par le bricolage juridique de la la loi salique[Loi] loi salique), la tension s'est accrue. Si Edouard III n'a pas les moyens de faire valoir ses droits par la force face à une noblesse de France qui ne veut pas de lui, il n'oublie pas de les rappeler chaque fois que la question épineuse de la Guyenne est sur le tapis.

France après Bouvines
La France après Bouvines

C'est l'escalade. De tentative de récupérer la Guyenne en soutien aux écossais révoltés, Edouard III
Roi d'Angleterre    
[13 novembre 1312 / 21 juin 1377]
  
[Biographie]
Edouard III
décide de franchir le pas : il envoi un défi adressé à « Philippe comte de Valois qui se dit roi de France » et prend le titre de roi d'Angleterre et de France. On commence, sans le savoir, une la seconde guerre de cent ans
[29 mai 1328 / 17 juillet 1453]
 
Nombre de conflits liés : 1
Nombre d'evenements liés : 5
[Période] [Conflit]
guerre qui durera cent ans
 ! La modernité de l'armée anglaise (artillerie, archers et troupes régulières) fait merveille face à l'archaïsme de l'ost française. Les désastres français s'accumulent : Crécy, l'Ecluse, perte de Calais... A cela viennent s'ajouter les méfaits de Charles le mauvais
Roi de Navarre  
[10 octobre 1332 / 1er janvier 1387]
 
[Biographie]
Charles le Mauvais
, le roi de Navarre jadis lui aussi prétendant malheureux à la succession de France, et la terrible épidémie de Peste Noire. Cependant, quand Jean II - le bon
Roi de France   
[26 avril 1319 / 8 avril 1364]
  
[Biographie]
Jean II
monte sur le trône, le royaume n'est toujours pas entamé territorialement (à part Calais bien sur) malgrè de très sévères revers.

Edouard III - Reproduction de sceau utilisée avec l'aimable autorisation du site Sigillum

Le règne d'Edouard III
Roi d'Angleterre    
[13 novembre 1312 / 21 juin 1377]
  
[Biographie]
Edouard III
est interminable (il regnera 50 ans!) et son fils (qui lui ne regnera jamais) fait ses premier pas de gouvernant en Aquitaine d'où il mène des campagnes de pillage (les "chevauchées") à travers la France. Prénommé lui aussi Edouard, titulaire du titre de Prince de Galles, il est appelé « Prince noir - Edouard de Woodstock
Prince de Galles et d'Aquitaine    
[15 juin 1330 / 8 juin 1376]
 
[Biographie]
le Prince Noir
" » à cause de la couleur de son armure.

En cet an de grâce 1356, le Prince Noir lance une nouvelle chevauchée qui part piller le Berry, la Touraine et le Limousin avec une troupe de 6000 hommes environ. Le roi de France décide de frapper fort et convoque toute son armée (il s'agit encore de l'ost féodale des vassaux qui viennent avec leurs propres vassaux et ainsi de suite... bref une armée prestigieuse, mais dont la plus grande faiblesse est qu'elle ne s'est pas encore rendu compte qu'elle appartenait à un temps révolu). Le rassemblement à lieu à Chartres. Jean II - le bon
Roi de France   
[26 avril 1319 / 8 avril 1364]
  
[Biographie]
Jean II
donne l'ordre de garder tous les passages de la Loire puis se lance à la poursuite de l'héritier de la couronne d'Angleterre.

Jean II - Reproduction de sceau utilisée avec l'aimable autorisation du site Sigillum

Le Prince Noir est aux abois. Il tente une retraite vers la Guyenne, mais pour une fois la troupe la plus nombreuse rattrape la moins nombreuse et les anglais voient leur route coupée près de Poitiers. Le 17 septembre ont lieu les premiers contacts belliqueux. Le roi de France veut en découdre en position de force pour faire passer l'envie aux anglais de venir ravager les terres françaises, la bataille est inévitable.

les protagonistes
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France ancien
Angleterre moderne
Angleterre moderne
France ancien

Coté anglais, le commandement est celui de l'expédition :

le prince de Galles
France ancien
le déroulement
Haut de pageles protagonistesles conséquences
le Prince Noir

Les armées se font face le dimanche 18 septembre. Le cardinal Hélie de Talleyrand Périgord, légat du Pape, réussit à imposer la trêve dominicale. Il met ce délai à profit pour tenter d'amener les deux partis à traiter sans combattre. Le Prince Noir a sa route de retraite coupée et son armée numériquement très inférieure. Il accepte de libérer les prisonniers, rendre les places prises les 2 derniers mois et concède une trève de 7 ans... ce qui ne lui fait pas perdre grand chose : les dévastations qu'il a causée lors de sa chevauchée et la ruine qu'elles occasionnent à la France sont bien suffisantes pour rentabiliser l'expédition. Il sauverait ainsi à bon compte l'Aquitaine, ses hommes et sa personne.

Pour le roi de France, c'est une autre affaire. Nargué à plusieurs reprises par les pillards anglais, il est confronté dans son royaume à l'hostilité du parti navarrais et des bourgeois de Paris d'Etienne Marcel. Pour contrer la chevauchée, il a levé un nouvel impôt pour payer sa grande armée, et le contribuable ne manquera pas de lui reprocher, au prochain impôt, d'avoir dépensé le dernier dans une armée qui n'a même pas servi. Laisser partir l'anglais alors qu'il l'a à sa merci serait interprété comme un grave signe de faiblesse par tout ce que le roi Valois compte comme ennemis intérieurs et extérieurs. On juge peut être injustement Jean II - le bon
Roi de France   
[26 avril 1319 / 8 avril 1364]
  
[Biographie]
Jean le Bon
sur sa décision d'engager le combat car on sait (et pas lui) qu'il le perdra. A mon avis (celà n'engage que moi), l'erreur tactique n'est pas d'avoir engagé le combat, elle est de ne pas avoir su moderniser son armée, et plus encore de s'être inconsidérément exposé en personne.

Bref, Jean II le Bon ne veut pas de trêve sans combat. Les attermoiements du cardinal de Périgord n'y changeront rien : au matin du lundi 19 septembre, les armées sont prêtes à la bataille.

La suite est un vrai desastre.

Le roi selectionne (on se bouscule pour en faire partie) la fine fleur de sa chevalerie qui a pour mission une charge héroïque pour réduire au silence les redoutables archers anglais. Inutile de préciser que ces braves vont au suicide...

Quand les anglais tentent une sortie, cette élite charge et se fait décimer. Le roi Jean vient de perdre l'élite de son armée en quelques minutes. Le gros de l'armée s'ébranle ensuite, mais l'absence de commandement organisé rend chaotique et strategiquement inefficace cette cohue féodale.

Jean le bon s'avise soudain que tout ses descendants males sont sur le terrain de cette bataille qui tourne au vinaigre. Il fait mettre à l'abri les trois ainés, ce qui montre bien à tous les doutes qu'il commence à avoir sur la victoire.

C'est le début de la fin. L'armée de France se débande de tout cotés. Le roi reste là, tenant obstinément le terrain, entouré de quelques fidèles qui tombent les uns après les autres. Entouré de toute part, il n'a bientôt plus près de lui que son jeune fils Philippe (futur duc de Bourgogne Philippe le Hardi - Philippe II de Bourgogne
Duc de Bourgogne  
[17 janvier 1342 / 27 avril 1404]
  
[Biographie]
Philippe le hardi
) qui tente desespérement d'assister son père en le prevenant des assauts : « Père gardez vous à gauche! Père gardez vous à droite! ». Jean II - le bon
Roi de France   
[26 avril 1319 / 8 avril 1364]
  
[Biographie]
Jean II le bon
se rend finalement au maréchal de Warwick. L'armée française n'existe plus et le roi est prisonnier.

Jean II le bon
les conséquences
Haut de pagele déroulementpas de paragraphe suivant

La catastrophe qui vient de se jouer est multiple :

  • La première catastrophe qui vient à l'esprit, c'est la défaite militaire. La France avait cependant subit plusieurs défaites (Crécy, l'Ecluse) dans les années qui précède sans pour autant provoquer l'effondrement du royaume.
  • Le second point est le coup porté à la force militaire française. D'une part l'élite a bêtement été sacrifiée dès le début de la bataille et fera par la suite cruellement défaut, mais aussi le reste de l'armée s'est deshonoré et a perdu toute crédibilité dans sa fuite.
  • Là n'est malheureusement pas le pire. Le pire, c'est la capture du roi.

Les conséquences ne se font pas attendre bien longtemps :

Au milieu de tous ces desastres, une seule consolation pour les les Valois
font partie des Capétiens
 
Nombre de titulaires enregistrés dans le site : 14
 
Nombre de branches distinguées dans le site : 3
[Dynastie ou titre]
Valois
... Inexorablement entrainés par leur victoire glorieuse, les anglais (le Prince noir - Edouard de Woodstock
Prince de Galles et d'Aquitaine    
[15 juin 1330 / 8 juin 1376]
 
[Biographie]
Prince Noir
, puis Edouard III
Roi d'Angleterre    
[13 novembre 1312 / 21 juin 1377]
  
[Biographie]
Edouard III
) se retrouvent pris au piège : ils se retrouvent obligés de traiter leur prestigieux prisonnier avec les égards dus au roi de France, reconnaissant ainsi sa légitimité. Le temps du « comte de Valois qui se dit roi de France » est révolu. C'est la seule victoire française de cette bataille : une importante victoire de politique politicienne, au prix d'un désastre humain, militaire, territorial et économique.

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