les Normands assiègent Paris
novembre 885 à novembre 886
Pour en savoir plus sur les Normands assiègent Paris :
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L'anecdote L'anecdote
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Le contexte
Haut de pagepas de paragraphe précédentL'anecdote

L'empire de Charlemagne, partagé au traité de Verdun, est en désintégration. Comme si les luttes entre les descendants de l'empereur à la barbe fleurie ne suffisaient pas, des hordes de pillards scandinaves, les terribles Normands, mettent l'Europe à feu et à sang.

Face à ce péril, le pouvoir central est au mieux impuissant, au pire indifférent. Les résistances sont locales. Le comte de Tours Robert le fort s'est illustré ainsi en défendant ses terres contre les pirates normands ; il est d'ailleurs mort en les combattant à Brissarthe près d'Angers. Les villes des grands fleuves savent d'experience qu'elles ne peuvent compter que sur elles même : Bordeaux a été pillée deux fois en 6 ans et Nantes ravagée en 843. Rouen a été saccagée plusieurs fois depuis 841 et Paris en est à trois pillages en 16 ans.

Les Normands - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
Les Normands - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968

Depuis 884, la couronne de France est aux mains de l'incapable empereur Charles le Gros, qui est aussi roi de Germanie.

L'anecdote
Haut de pageLe contexteEst-elle authentique?

Dans ce contexte d'insécurité, c'est avec terreur que les parisiens dont la ville a déjà été pillée trois fois voient approcher en ce mois de novembre 885 une impressionnante flotte de drakkars vikings remontant la Seine.

 24 novembre 885 1 : Les Normands du chef Siegfried se présentent devant Paris.

Selon les chroniqueurs, 700 drakkars couvrent 2 lieues de la Seine. Les Normands, venus d'Angleterre pour la plupart, demandent la destruction du pont qui les empêchent de remonter en amont pour piller la Bourgogne. Les pillards promettent d'épargner la ville. Les parisiens n'ont aucune confiance dans la parole des barbares scandinaves. La ville est défendue par le comte Eudes, l'un des fils de Robert le fort. D'accord avec l'évêque Gozlin et la population, le comte Eudes refuse.

Siège de Paris par les Normands - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
Siège de Paris par les Normands - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968

Les Normands assiègent pour la quatrième fois Paris et se retranchent sur la rive droite de la Seine autour de Saint Germain l'Auxerrois (c'est-à-dire à l'emplacement actuel du Louvre). Derrière les murailles romaines qu'ils ont relevées, les Parisiens font courageusement front. Ils doivent affronter non seulement les assauts des Normands et de leurs machines de guerres, mais aussi les inondations et la famine.

Le comte Eudes envoie des messages à l'aide à l'empereur Charles le Gros qui est le nouveau roi de France. L'empereur se fait prier pendant longtemps avant d'envoyer des secours. Deux petites expéditions sont envoyées qui, l'une n'engage pas le combat, l'autre se fait tailler en pièces. Le comte Eudes finit par forcer en personne le blocus normand et file à brides abbattues jusqu'en Allemagne rappeller le gros empereur à ses devoirs.

A contrecoeur, l'empereur se déplace enfin en force. Ses troupes sont quatre fois supérieures en nombre aux Normands qui sont pris de panique. Charles le Gros ne profite pas de sa supériorité. Pire, il paie les Normands et ordonne aux Parisiens de les laisser passer (ce que précisement ils refusent de faire depuis 10 mois). Le comte Eudes refuse avec hauteur. Les Normands contournent alors la ville par voie de terre (en poussant leurs drakkars sur des rondins !). Ils feront de même au retour, après avoir en toute impunité mis la Bourgogne à sac, sans que le bon empereur et roi de France ne lève le petit doigt.

Est-elle authentique?
Haut de pageL'anecdoteQue nous apprend-elle?

Absolument.

Dans les mois qui suivirent ce siège, l'empereur Charles le Gros, complètement discrédité, fut déchu de toutes ses couronnes. En France, on chercha un homme qui saurait s'opposer au péril normand, et un nom s'imposa naturellement : celui du comte Eudes qui avait si magistralement su tenir tête aux pirates.

Le roi Eudes premier sera ainsi le premier roi de la famille capétienne.

Que nous apprend-elle?
Haut de pageEst-elle authentique?Pourquoi est-elle célèbre?

Cette anecdote est révélatrice de l'état des forces en présence dans cette France carolingienne qui ne s'est pas encore résolue à un destin indépendant du reste de l'empire :

Le fléau du siècle mais aussi un peuple qui change le visage de l'Europe : les Normands : En un siècle et demi, les scandinaves vont bouleverser le paysage européen. Dans un premier temps, ils vont piller les côtes et les vallées des grands fleuves. C'est dans ce cadre que se situe l'anecdote du siège de Paris. Plus tard, ils s'établiront en diverses régions. En France, on leur donnera la basse Seine qui prendra le nom de Normandie. En Angleterre, ils prendront l'essentiel du pouvoir, leur suprématie étant établie finalement par l'invasion de Guillaume le conquérant. En Europe de l'est, ils sont à l'origine du peuple russe. Ils peuplent de plus l'Islande et le Groënland. Ils iront même jusqu'à prendre le pouvoir en Sicile. Par leurs pillages puis leur conquêtes, ils vont changer la face de l'Europe. En France, il est difficile de savoir si leurs raids ont provoqué ou simplement hâté la chute des carolingiens, mais il y ont de toute manière contribué.
Une dynastie carolingienne qui ne rêve que d'empire : En cette fin de IXième siècle, la légitimité monarchique est encore le privilège de la famille du glorieux Charlemagne. Pour cette famille de têtes couronnées qui dominent la France, l'Allemagne et l'Italie, une seule chose importe : la dignité impériale et la couronne du prestigieux ancêtre. Alors pour cette couronne, on s'entre tue entre frères et entre cousins. On jette les armées de ces pays qu'on prétend vouloir réunir les unes contre les autres, et personne ne songe à combattre les pillards Normands car leurs incursions sont bien secondaires dans l'esprit des carolingiens à coté du rêve impérial. Cette chimère est l'idée fixe de cette dynastie qui s'essouffle dans cette lutte suicidaire. Un siècle plus tard, c'est toujours dans cette logique que l'archevêque Adalbéron poussera Hugues Capet sur le trône : en donnant la couronne de France a un non-carolingien au pouvoir précaire, il espère l'affaiblir et la laisser à la merci du seul carolingien qui restera couronné&nbso;: l'empereur.
Une famille robertienne qui monte en puissance : A côté de la famille carolingienne plus interessée par l'empire que par la France monte en prestige la famille de Robert le fort. Se distiguant par une lutte énergique contre les pirates normands et une politique centrée sur la France et oublieuse des grandeurs chimériques de l'Empire, elle emporte de plus en plus d'adhésions. L'Eglise, en particulier, l'appuie, même si c'est en réalité dans le seul but d'évincer les carolingiens de France pour mettre ce royaume a la merci des carolingiens de Germanie (et ainsi restaurer l'unité de l'empire en arrêtant ces conflits ruineux, meurtriers et vains). Avec Eudes Ier, la famille robertienne coiffe pour la première fois la couronne de France. Les deux familles (robertienne et carolingienne) se la disputeront ensuite pendant un siècle avant qu'Hugues Capet (à la suite duquel la famille robertienne sera nommée capétienne) ne l'emporte définitivement.
Pourquoi est-elle célèbre?
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En plus de glorifier l'héroïsme parisien, l'anecdote est fameuse car elle a grandement contribué à l'accession d'Eudes au trône de France : si le comte de Paris a été préféré aux carolingiens malgrè l'immense prestige de ces derniers, c'est bien parce qu'il avait su tenir tête aux Normands dans le même temps où le gros empereur se couvrait de ridicule et de honte par sa lacheté.

Le siège de Paris, ce n'est rien moins que l'événement qui a propulsé la famille robertienne (future capétienne) au pouvoir... et cette famille a dirigé la France pendant 8 siècles !

Sources des dates citées dans cette page :
 - 1 (24 novembre 885) : d'après "l'histoire de France en bandes dessinées" tome I, p 132
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