la Féodalité
Principe de la Féodalité
Haut de pagepas de paragraphe précédentComment çà marche?

La féodalité est un type d'organisation de la société. Ce système repose sur une cascade de relations de fidélité de personne à personne. A chaque étage de cette gigantesque pyramide, un protecteur (le suzerain) reçoit un serment de fidélité d'un protégé (le vassal).

Dans la société féodale occidentale, le vassal s'engage à obéir et servir son suzerain, en échange de quoi le suzerain lui concède le contrôle d'une portion du territoire dont il dispose (le fief). En haut de la pyramide, on trouve ainsi le roi (qui n'est vassal de personne), puis les ducs et comtes, et ainsi de suite jusqu'aux serfs, tout en bas de l'échelle sociale. Le roi n'est plus le souverain direct de ses sujets. Il n'est techniquement que le suzerain des plus puissants barons du royaume, ces derniers étant eux mêmes suzerains de barons de moindre rang, et ainsi de suite jusqu'aux plus humbles.

On voit bien que ce type d'organisation est révélatrice d'une désintegration très grave du pouvoir central (plus du tout de notion d'Etat, auquel se substitue une anarchie où le seul lien possible est une mise en dépendance vis à vis d'un protecteur plus puissant). C'est aussi révélateur d'une société rurale et violente, où le pouvoir appartient désormais à une caste de guerriers professionnels qui s'approprie la seule véritable richesse : la propriété foncière.

Comment çà marche?
Haut de pagePrincipe de la FéodalitéHistoire de la Féodalité

L'établissement et le coeur du lien féodal (on parle aussi de relation féodo-vassalique) est la cérémonie de l'Hommage. Par cette cérémonie, le vassal prête serment de fidélité et d'assistance à son suzerain. Il s'oblige par ce serment à certaines contraintes dures (et couteuses) clairement identifiées vis à vis de son suzerain. En retour, le suzerain s'oblige à protéger son vassal et lui concède un fief.

Les obligations du vassal
Le vassal s'engage sur différents points, résumé par la formule « l'aide et le conseil » :

  • Il ne peut nuire d'aucune façon à son suzerain
  • Il doit l'assistance militaire à son suzerain, que ce soit pour la défense ou l'attaque
  • Il doit dans certains cas bien précis l'assistance financière à son suzerain (par exemple pour payer sa rançon)
  • Il doit l'assister de ses conseils, en particulier dans ses cours de justice

Un vassal qui ne respecte pas l'un de ces engagement est déclaré félon et perd tous les bénéfices qu'il pouvait retirer de son hommage, à commencer par le fief.

Les obligations du suzerain
Le suzerain prend lui aussi des engagements vis à vis de son vassal, même s'ils sont moins contraignants (c'est lui le plus puissant des deux, donc il fait moins d'efforts) :

  • Il doit protection à son vassal si celui-ci est menacé
  • Il doit lui rendre « bonne justice », c'est-à-dire le traiter équitablement
  • Et surtout, pour permettre au vassal de remplir ses propres obligations, il lui concède un fief (le plus souvent une terre dont il percevra les revenus).

Histoire de la Féodalité
Haut de pageComment çà marche?La tenure et la recommandation
La tenure et la recommandation
Haut de pageHistoire de la FéodalitéLes Carolingiens se font voler le pouvoir

Les premières racines de la Féodalité remontent à la fin de l'empire romain. A cette époque, deux dispositions juridiques apparaissent indépendamment l'une de l'autre.

La tenure
Une tenure est un bien foncier dont une personne (le propriétaire) confie la mise en valeur à une autre (le tenancier, celui qui tient le bien du propriétaire).

Le bien est la propriété du propriétaire, mais c'est le tenancier qui en dispose et en vit.

Il y a deux sortes de tenure :

  • le franc-alleu, qui est une tenure sans contrepartie.
  • le fief, qui est une tenure concédée en échange d'une contrepartie (un peu comme un loyer)

La recommandation
Une personne peut se mettre librement dans la dépendance d'une autre personne en échange d'une compensation materielle. Cette mise en dépendance, héritée du clientelisme, est materialisée par un contrat où les deux parties s'engagent mutuellement :

  • Le protégé s'engage à rendre certains services identifiés à son protecteur.
  • Le protecteur s'engage à récompenser la fidélité de son protégé selon certains moyens eux-aussi clairement identifiés

Ce principe de sujestion et de lien personnel est fortement issu des coutumes des wisigoths qui pratiquaient abondament ces liens de personne à personne.

Au début, la mise en place de la recommandation ne concernait que des enjeux domestiques et mineurs : un domestique pouvait par exemple assurer certaines taches subalternes dans la maison de son protecteur, en étant en contrepartie nourri, logé, habillé et blanchi aux frais de celui-ci. Quand les services rendus par le protégé ont commencé à toucher des taches où il avait à gérer en autonomie des opérations couteuses (par exemple, gérer une exploitation agricole pour le compte d'un riche propriétaire terrien), le protecteur a commencé à procurer à son protégé les fonds pour le faire (don d'argent ou rente), ou bien un moyen d'obtenir ces fonds indirectement. Cette dernière solution s'est de plus en plus souvent materialisé par l'attribution d'une tenure.

A ce stade, l'objet principal du lien est encore la protection. La concession d'une tenure est simplement un des moyens (mais pas le seul) que le protecteur a d'assister son protégé. Et ce bénéfice n'est lié qu'à la personne, quand le protégé meurt, la tenure n'est pas systématiquement reportée sur son héritier.

Les Carolingiens se font voler le pouvoir
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Sous les Carolingiens, ce cadre juridique est très utilisé par le pouvoir qui y voit un moyen pratique de tisser un lien fort de fidelité avec la forte classe guerrière.

Les commandements militaires et les propriétés foncières sont desormais confiés comme fief en contrepartie de la recommandation. La tendance s'inverse : auparavant, on pouvait obtenir une tenure parce qu'on avait prêté serment de fidélité ; maintenant on prête serment de fidélité parce qu'on veut obtenir un fief.

La caste guerrière exploitent d'une part les luttes fratricides des Carolingiens et d'autre part les désordres et l'insécurités causés par les Normands pour prendre à leur tour des protégés qu'ils obligent de la même manière. Le lien du roi avec la masse des sujets se retrouve ainsi cassé, au bénéfice de la caste guerrière (la futur Noblesse) qui se pose en intermédiaire incontournable, et qui arrache au pouvoir en décomposition des avantages de plus en plus exhorbitants.

 novembre 843 1 : A l'assemblée de Coulaines Charles le chauve concède aux comtes leur non-révocabilité. C'est un grand pas vers le féodalité.
 16 juin 877 2 : Capitulaire de Quierzy : les charges deviennent héréditaires. Officialisation de la Féodalité.
Sources des dates citées dans cette page :
 - 1 (novembre 843) : d'après Wikipédia article
 - 2 (16 juin 877) : d'après le site "histoire de l'Europe et de la Méditerranée" (rechercher 877)
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