|   |  | la monarchie absolue |
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 | Limites de la période |  |
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 | Résumé |  |
| Les Bourbons-Vendôme viennent de succéder aux Valois et
de mettre fin aux
guerres de religion.
Leurs règnes se caractérisent par la mise
en place et l'apogée de la monarchie absolue, c'est-à-dire
un gouvernement autocratique du roi qui concentre sur sa personne tous
les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, fiscal et
militaire). Après les derniers troubles de la Fronde, les Grands
seront muselés et réduits à la conditions de courtisans.
Les Etats Généraux ne seront plus réunis et les Parlements
deviendront de simples chambres d'enregistrement... Louis XIV est lucide
quand il lance « l'Etat, c'est moi ».
Le règne d'Henri IV est marqué par un redressement rapide
et impressionant d'une France ruinée par les guerres de religion.
Sous le règne de Louis XIII, efficacement complété
par Richelieu, la traditionnelle opposition entre France et Habsbourgs
(d'Autriche et d'Espagne) se remet en place. Avec le belliqueux Louis XIV,
l'Europe s'embrase à nouveau. Les seuls points positifs de ce long
règne sont la mise au pas définitive de la Noblesse et l'avénement
d'un roi Bourbon sur le trône d'Espagne... mais la France est ruinée
par une suite de guerres au dessus de ses forces. Sous Louis XV, c'est
le même enchaînement de guerres (Frédéric II
de Prusse ayant remplacé Louis XIV dans le rôle du boute-guerre),
qui aboutit à un royaume tout aussi ruiné. Avec Louis XVI,
la France réussit à se tenir en dehors des conflits du vieux
continent, ne s'impliquant que dans la guerre d'indépendance des
Etats Unis. Des réformes sont tentées, mais trop frileuses
à cause de la faiblesse du roi vis à vis de la Noblesse qui
craint la concurrence de la Bourgeoisie. Bientôt, le contrôle
de la situation échappera à ces castes de priviliégiés,
et ce sera la sanglante tourmente de la Révolution...
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 | Pour en savoir plus sur la monarchie absolue : |
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 | Avec la fin des guerres de religion et le traité de Vervins, les paix intérieure
et extérieure sont enfin retrouvées. Henri IV s'appuie à
la fois sur les catholiques et les protestants. Le redressement du royaume
est spectaculaire. L'influence de Maximilien de Béthune, duc de Sully, est bien connue.
| juin 1598 : Sully devient surintendant des finances. |
Le rétablissement des infrastructures de communication (routes,
ponts et canaux) favorise la reprise de l'économie et des échanges.
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Après son divorce d'avec la reine Margot,
Henri IV a épousé Marie de Médicis, nièce du
grand duc de Toscane. Elle sera la mère de Louis XIII et de Gaston
d'Orléans.
| 1605 à 1615 : Cervantès écrit Don Quichotte de la Manche. |
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 | Après la mort sans enfants de sa soeur
Marguerite, Henri IV réunit le dernier fief féodal (qu'il
possédait en tant que duc de Bourbon) au domaine royal. C'est la
fin de la Féodalité.
| juillet 1607 : Rattachement du duché de Bourbon à la couronne. Fin de la Féodalité. |
| 3 juillet 1608 : Champlain fonde Québec. |
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La disparition de la Féodalité permet à Henri IV (qui
est de plus de caractère autoritaire) de donner à la monarchie
une nouvelle orientation : désormais, les pouvoirs seront de plus
en plus concentrés dans la personne du roi, avec de moins en moins
de contre-pouvoirs efficaces. C'est le début de la monarchie absolue.
Malgré la paix religieuse et l'habile
politique d'équilibre entre catholiques et protestants menée
par le roi, les cicatrices de guerres de religion restent vives.
Le jeune Louis XIII n'a que 9 ans, sa mère Marie de Médicis
se fait confier la régence.
|  |
Pendant toute la minorité de Louis XIII, sa mère Marie
de Médicis assure une régence désastreuse, secondée
par le couple Concini (Concino Concini et son épouse Léonora
Galigaï).
 | | 12 juillet 1610 : Concini entre au conseil des Finances. |
| 26 janvier 1611 : Démission de Sully. |
| 19 novembre 1612 : Concini devient maréchal de France. |
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En pratique, la reine mère gouverne cependant toujours, flanquées
des Concini. Marie de Médicis mène une politique pro-espagnole
qui culmine avec le mariage de Louis XIII avec l'infante d'Espagne Anne
d'Autriche (« d'Autriche » car Habsbourg...).
| 27 octobre 1614 : Dernière réunion (vaine) des Etats Généraux avant 1789. |
| novembre 1615 : Une partie des protestants se révolte. |
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 | Richelieu, alors créature de Marie de Médicis, suit la reine mère en disgrâce.
| 8 juillet 1617 : Execution de Léonora Galigaï, femme de Concini. |
| 1617 : Réalisation à Madrid de la Plaza Mayor. |
|
Débarrassé de la tutelle de sa
mère, Louis XIII règne d'abord en collaboration avec Luynes,
aussi médiocre gestionnaire que la reine mère.
| 15 decembre 1621 : Mort de Luynes. |
| 15 janvier 1622 : Naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, à Paris. |
| 5 septembre 1622 : Richelieu est créé cardinal. |
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 | | 19 octobre 1622 : Edit de Montpellier : modification de l'édit de Nantes. |
-
Extension de la liberté d'exercice de culte des Protestants.
-
Diminution du nombre de leur places de sûreté à deux
(La Rochelle et Montauban).
Si les droits des Protestants sont renforcés, ils en sortent affaiblis politiquement.
|
Richelieu revient en grâce. La reine mère ne lui pardonnera
jamais d'avoir abandonné son parti. Elle cherchera dès lors à lui nuire par tous les moyens.
| 29 avril 1624 : Richelieu entre au conseil du roi. |
 | | 1625 à 1628 : Révolte des Protestants. |
| 6 fevrier 1626 : Edit contre les duels. |
| septembre 1627 à 28 octobre 1628 : Siège de La Rochelle. |
| 28 juin 1629 : Edit de grâce d'Alès : confirme les libertés religieuses, mais supprime les places de sûreté des Protestants. |
|  |
Après l'édit d'Alès, la cour et le pays sont partagés en deux partis :
| Le parti «dévot» (Marie de Médicis, Anne d'Autriche
et Gaston d'Orléans) : Parti farouchement anti-protestant et partisan
d'une alliance avec les Habsbourgs pour éradiquer l'hérésie.
|
| Le parti des « bons français » (Richelieu, tout cardinal
qu'il soit) : Parti qui refuse l'ingérence des questions religieuses
dans les affaires de l'Etat et qui considère que les Habsbourgs
sont beaucoup plus dangereux pour la France que les Protestants.
|
Marie de Médicis tente, lors de la journée des dupes,
d'évincer Richelieu. La manoeuvre se retourne contre elle, et c'est
elle qui perd toute influence. Le parti dévot a perdu, la collaboration
entre Louis XIII et Richelieu est renforcée.
| 10 novembre 1630 : Journée des Dupes. |
 | Le redressement de la France amorcé sous Henri IV se poursuit.
| 30 mai 1631 : Théophraste Renaudot crée le premier journal : la Gazette (qui paraîtra jusqu'en 1914). |
| 1631 à 1641 : En Inde, l'empereur Châh Djahân fait construire le Tâdj Mahall. |
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L'inépuisable Gaston d'Orléans continue ses complots.
| 29 janvier 1635 : Fondation de l'Académie Française. |
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 | | janvier 1637 : Première représentation du Cid de Corneille. |
| 1636 à 1648 : La France participe à la Guerre de 30 ans. |
Cette guerre est initialement un conflit religieux interne à l’Allemagne,
et finit en guerre européenne. Elle se terminera pour la France
avec le traité de Westphalie sous Louis XIV.
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| 16 decembre 1641 : Mazarin est créé cardinal. |
| 22 decembre 1641 : Mort de Maximilien de Béthune dit Sully. |
Sur son lit de mort, le cardinal recommande Mazarin au roi. Louis XIII
suit de près son fidèle ministre dans la tombe.
|  |
 | Le règne de Louis XIV, enfant roi de 5
ans, commence par la régence de sa mère Anne d'Autriche,
secondée par le cardinal de Mazarin. Ce dernier est un diplomate
de génie, mais un piètre gestionnaire financier. La régence
sera donc caracterisée par des succès éclatants dans
nos relations diplomatiques (traité de Westphalie et des Pyrénées)
et une situation intérieure catastrophique (la Fronde)
qui frise la guerre civile.
| 3 avril 1644 : L'empereur de Chine Tchouang-lie-ti se suicide. Fin de la dynastie Ming en Chine, remplacée par la dynastie Mandchoue des Ts'ing. |
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Durant 5 ans, les Frondes vont se succéder et mettre la France en
ébullition :
-
Fronde parlementaire
-
Fronde des princes
-
Union de la Fronde
parlementaire et de la Fronde des princes
-
Fronde de Condé
| 1648 : Fronde parlementaire. |
| 30 janvier 1648 : L'Espagne reconnait l'ndépendance des Provinces Unies au traité de Munster (un des traités de Westphalie). |
| 24 octobre 1648 : Traités de Westphalie : la France sort de la guerre de 30 ans en gagnant les 3 évêchés et la plus grosse partie de l'Alsace. |
| 30 janvier 1649 : Le roi d'Angleterre Charles Ier est condamné à mort par le Parlement, et décapité à Whitehall. |
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| 1649 à 1650 : Fronde des princes. |
| janvier 1651 : Union des deux Frondes (parlementaires et princes). |
Cette union est contre nature : les parlementaires veulent une monarchie
parlementaire et l'abaissement autant des Grands que du roi ; les princes
sont partisans d'une «monarchie féodale», avec abaissement
des pouvoirs des parlements et du roi. Ces deux partis antagonistes sont
cependant soudés par leur ennemi commun : l'absolutisme royal.
 | | 1651 à 1653 : Fronde de Condé. |
| 16 decembre 1653 : Olivier Cromwell devient lord-protecteur d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande. |
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Le jeune Louis XIV a dès lors compris que s'il veut installer la
monarchie absolue, il lui faut museler et les parlementaires (le Parlement
perdra bientôt tout pouvoir et ne sera plus qu'une simple chambre
d'enregistrement des lois) et les nobles (qu'il domestiquera avec beaucoup
d'habileté, les changeant en courtisans n'aspirant plus qu'à
plaire et flatter).
La Fronde terminée, les succès
exterieurs continuent de s'accumuler.
| 5 avril 1654 : Traité de Westminster d'amitié franco-anglais (avec Olivier Cromwell), qui devient alliance offensive. |
| 7 novembre 1659 : Traité des Pyrénées : Paix avec l'Espagne et décision du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie Thérèse. |
Lors de son mariage, Marie Thérèse renonce à tous
droits sur la couronne d'Espagne, car personne en Europe ne veut voir le
même roi régner à Paris
et à Madrid.
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 | Louis XIV veut un règne de prestige et
de gloire. Il veut une France grande, quel qu'en soit le prix. Son arrogance
et ses provocations font que le règne ne sera qu'une suite de guerres
contre l'Europe entière :
-
Guerre de Dévolution
-
Guerre en Hollande
-
Guerre contre la ligue d'Augsbourg
-
Guerre de succession d'Espagne
|
La France tient tête à l'Europe, mais à quel prix!
Le règne se solde par une modeste augmentation du territoire...
et un pays ruiné.
Louis XIV prend le pouvoir en main et décide qu'il ne prendra
pas de premier ministre. C'est le triomphe de la monarchie absolue.
| 10 mars 1661 : Louis XIV annonce son intention de regner seul. |
Le roi abat le riche et puissant surintendant des finances Nicolas Fouquet.
| 13 avril 1661 : Condamnation du Jansénisme par arrété royal. |
| 2 janvier 1664 : Colbert est nommé surintendant des finances. |
Un procès est organisé ; Fouquet, qui est un grand orateur
et un juriste de talent, sauve sa tête et gagne l'exil. Louis XIV
use de son droit de «grâce» pour commuer la peine en
détention perpétuelle : c'est la seule fois de l'Histoire
qu'on aura le cynisme d'user d'un droit de grâce pour aggraver une
peine !
| 20 decembre 1664 : Fouquet est condamné à la prison à vie. |
| 1665 : Londres est ravagée par la Peste. |
| 2 au 6 septembre 1666 : Londres est ravagée par un incendie. |
Nonobstant le renoncement de Marie Thérèse
à ses droits sur l'Espagne, Louis XIV réclame les Pays Bas
en héritage du roi d'Espagne Philippe IV, en vertu d'une particularité
du droit flamand (la «dévolution»). C'est la guerre.
| 1667 : Guerre de Dévolution. |
| 9 septembre 1668 : Première representation de l'Avare de Molière. |
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| 2 mai 1668 : Traité d'Aix la Chapelle, fin de la guerre de Dévolution. |
La France s'est épuisée dans une guerre contre l'Espagne
(et a épuisé l'Espagne, ce dont on reparlera pour la guerre
de succession d'Espagne) pour ne gagner qu'une partie des Flandres. Elle
a surtout inquiété l'Europe sur les intentions de ce jeune
roi belliqueux.
 | Louis XIV décide d'attaquer ensuite la
Hollande pour éliminer la concurrence commerciale hollandaise, principalement
la marine marchande.
| juin 1672 : Invasion de la Hollande. Echec suite à l'inondation du pays par les Hollandais qui ont ouvert leurs écluses. |
La guerre est menée en dépit du bon sens (on perd un temps
précieux à assiéger des villes sans intérêt
stratégique pour permettre au roi d'y faire une entrée glorieuse
de César romain...) et se termine en échec quand les Hollandais
ouvrent leurs écluses et inondent leur pays. Le seul résultat
aura été de changer le stathouder (chef hollandais) Guillaume
d'Orange en ennemi mortel de la France, puis de le pousser sur le trône
d'Angleterre (sous le nom de Guillaume III).
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| 1673 à 1693 : Conflit avec la Papauté. |
| 10 août et 17 septembre 1678 et 5 février 1679 : Traités de Nimègue : la France gagne la Franche Comté, le Cambrésis et des villes flamandes. |
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 | | | La France des traités de Nimègue |
La France a donc gagné quelques territoires, une place d'arbitre
en Europe... et un ennemi mortel sur le trône d'Angleterre. Le jeune
boute-guerre ne pourra plus aller durablement plus loin. Toutes les autres
guerres aboutiront inexorablement... aux frontières de Nimègue.
| 1679 : Affaire des Poisons. |
| 1681 : Le canal du Midi est terminé. |
| 30 septembre 1681 : Réunion de la ville de Strasbourg à la France. |
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Louis XIV est bien sur le roi de Versailles.
Le palais somptueux de Versailles est à la fois un symbole, un refuge
et un instrument de gouvernement :
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C'est d'abord un symbole car il montre à la face du monde la magnificence
du roi de France (le sage a dit «l'homme construit sa maison à
la mesure de son ambition») qui trouve, dans un pays en guerre avec
tous ses voisins, les ressources pour construire une telle merveille.
-
C'est aussi un refuge, car éloigné de Paris, il n'est plus
à la merci des soulèvements de la rue qui ont mis en péril
tant de rois (Philippe le Bel, Charles V quand il était régent,
Henri III... et même Louis XIV enfant pendant la Fronde!).
Les Révolutionnaires de 1789 ne s'y tromperont pas quand ils ramèneront
la famille royale «à portée de main» à
Paris.
-
C'est enfin un instrument de pouvoir car le palais devenant siège
du gouvernement, on n'existe politiquement que si l'on se montre à
Versailles. Le château deviendra ainsi une prison dorée pour
les Grands qui seront définitivement muselés. Réduits
à l'état de courtisans, ils ne se disputeront plus désormais
que pour le privilège de tenir la robe de chambre du roi! Jamais
plus ils ne défieront l'autorité royale ; la Fronde aura
été leur dernier sursaut.
| 6 mai 1682 : Louis XIV fait de Versailles la résidence officielle de la Cour et le siège du gouvernement. |
En un sens, Versailles est un coup de maître, car il résoud
le problème des rebellions des Grands, qui empoisonnent la vie du
royaume depuis les Carolingiens.
Il a cependant un effet nefaste que le Roi Soleil n'a pas aperçu
: tout ce beau monde, et en particulier le roi, va désormais vivre
en vase clos, dans un univers fermé et doré (qu'ils prendront
l'habitude de dénomer «ce Pays-ci», par opposition au
reste de la France, c'est-à-dire la roture) et perdront le contact
avec le peuple, la base et la réalité du monde. C'était
pourtant une des grandes forces des Capétiens : sans être
familiers, de nombreux rois ont aimé se mêler au peuple pour
«prendre la température» et connaître directement
l'opinion de l'homme de la rue. Certains exemples sont célèbres
et sont même devenus des images d'Epinal : Saint Louis rendant la
justice sous son chêne, Philippe le Bel se promenant dans les rues
de Paris, Louis XI ou Henri IV se mêlant volontiers au commun des
mortels.
Avec Versailles, c'est fini. Le roi devient à
son tour prisonnier de la cage dorée qu'il a forgé pour lesGrands.
Le roi, maître incontesté d'un monde de courtisans, ne gouverne
plus que d'après les informations indirectes de son administration.
La Noblesse, jadis classe combattante censée protéger le
reste de la société, n'est plus qu'une caste parasite et
inutile, vivant du labeur des autres dans un monde de luxe étourdissant,
et sourde aux réalités de «ce Pays-là».
Et quand la coupe débordera, ce sera la Révolution.
|  |
Sous Louis XIV, les arts sont florissants et sous mécénat
(avant la lettre) royal. Ils sont ainsi à la complète dévotion
du roi. C'est l'époque des grands Classiques : Molière, Racine
et Corneille.
Louis XIV veut une France unifiée voire uniforme. Le particularisme
religieux n'a pas place dans son Etat où le roi a également
la main mise sur l'Eglise catholique : les protestants doivent disparaître
(par convertion, par exil... ou physiquement).
Les protestants sont persécutés au cours Dragonnades, tellement
acharnées et cruelles que même le Pape (pourtant bénéficiaire
de toute lutte contre le Protestantisme) s'en indigne. Après le
bain de sang et les exils massifs, la France a perdu une partie de ses
élites.
|  |
Alarmés par le comportement agressif et les provocations du roi
de France, tous nos voisins (sauf la Suisse) s'allient dans la «ligue
d'Augsbourg». Les exigences de Louis XIV sur la succession de l'électeur
de Cologne (affaire impériale qui ne regarde en rien la France)
mettent le feu aux poudres.
 | | 1688 : Guerre contre la Ligue d'Augsbourg. |
| mars 1689 : Dévastation du Palatinat par les troupes françaises. |
| 1694 : La France subit la famine. |
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| 20 septembre - 30 octobre 1697 : Traités de Ryswick : Renoncement à nos conquêtes, retour aux frontières de Nimègue. |
Louis XIV peut être content : la France a été grande,
elle a été glorieuse! Elle a résisté seule
à l'Europe entière... Elle est surtout ruinée d'avoir
supporté 9 ans de guerre pour se retrouver au même point :
les frontières des traités de Nimègue.
Le roi d'Espagne Charles II est sans enfants. Comme c'est un Habsbourg,
il y a à craindre que l'Espagne et son empire colonial reviennent
aux Habsbourg d'Autriche. Le spectre de l'Empire de Charles Quint semble planer sur l'Europe. Pour éviter cela
(aucun autre pays d'Europe n'a envie de revoir l'archiduc d'Autriche régner
à Vienne et à Madrid),
la France, l'Angleterre et les provinces Unies signent des traités
de partage des possessions espagnoles à la mort de Charles II. Il
manque deux signatures essentielles au bas de ces traités : celle
de l'empereur Léopold Ier... et celle du roi d'Espagne !
| 13 octobre 1698 : Accords de La Haye entre la France et l'Angleterre à propos de la succession d'Espagne. |
| 3 mars 1700 : Traité de Londres redéfinissant la succession d'Espagne. |
Coup de théâtre ! Charles II fait connaître ses dispositions
testamentaires : l'Espagne et ses possessions iront à Philippe d'Anjou
(petit-fils de Louis XIV) avec interdiction de paratager. En cas de refus
de la succession, tout ira à l'archiduc d'Autriche Charles.
On peut dire que le vieux roi d'Espagne s'y entendait pour semer la pagaille!
Louis XIV est donc devant le dilème suivant :
-
ou bien accepter la succession et donc rompre le traité de partage,
ce qui entraînerait une guerre européenne (personne n'a non
plus envie de voir le même roi à Madrid
et à Paris)
que l'Espagne et la France (qui se sont fort intelligemment saignées
l'une et l'autre dans la guerre de Dévolution) ne sont plus vraiment
en état de soutenir.
-
ou bien la refuser, et se retrouver dans la situation de François
Ier et Henri II face à un nouveau Charles Quint, c'est-à-dire
face à une Europe autrichienne qui croquera sans problème
une France exangue.
|  |
| 16 novembre 1700 : Louis XIV accepte la succession d'Espagne au nom de son petit-fils Philippe d'Anjou. |
Louis XIV accepte la succession : son petit-fils règnera sur l'Espagne,
les Bourbons y remplacent les Habsbourgs. Aussitôt l'Europe se coalise
en la Grande Alliance de La Haye : Autriche, Angleterre, Provinces Unies,
Danemark, Savoie, Portugal et la plupart des princes allemands.
| mai - juin 1702 : La Grande Alliance de La Haye déclare la guerre à la France, l'Espagne et la Bavière. |
L'Espagne est épuisée, la France devra se battre seule pendant une décennie.
| 14 août 1704 : Prise de Gibraltar par les Anglais. |
L'empereur Joseph Ier meurt sans enfants
lui non plus. La couronne du Saint Empire revient à l'archiduc Charles
qui devient Charles VI. Les données du problème changent :
le risque de reformation de l'Empire de Charles Quint à très
court terme fait peur. La Grande Alliance se disloque.
| 14 fevrier 1707 : Le "Projet d'une dîme royale" de Vauban est condamné par le conseil du roi. Disgrace de Vauban. |
| 30 mars 1707 : Mort de Vauban. |
| 1709 : La France subit une nouvelle famine. |
| 28 janvier 1710 : Démolition de Port Royal. |
| avril - juin 1713 : Traité d'Utrecht : paix avec tous les alliés sauf l'Empire. |
|  |
Pour les signataires de la paix, les fortunes sont diverses :
-
La France sauve le principal, c'est-à-dire... les
frontières de Nimègue! 12 ans de guerre de plus pour
en revenir une nouvelle fois là. Elle obtient d'avoir un Bourbon
sur le trône d'Espagne, mais perd Terre Neuve, l'Acadie et la baie
d'Hudson.
-
L'Espagne, elle, est dépecée et n'est plus que le fantôme
de celle de Philippe II : Philippe V (ancêtre de Juan Carlos) régnera
sur la péninsule ibérique, mais l'empire colonial et les
possessions européennes sont dispersées entre les alliés :
l'Espagne ne s'en relevera pas.
-
L'Angleterre est devenue maîtresse du commerce international en même
temps que première puissance coloniale.
-
L'électorat de Brandebourg devient le royaume de Prusse : une nouvelle
puissance vient de naître en Europe, qui bientôt disputera
aux Habsbourgs la suprématie en Allemagne.
| 6 mars 1714 : Traité de Rastadt : paix avec l'Empire. |
| 15 fevrier 1710 : Naissance du futur Louis XV. |
A la fin de son règne, Louis XIV peut croire sa succession assurée :
un fils, trois petits-fils, trois arrières-petit-fils.
En deux ans, il va presque tous les voir mourir par les efforts conjugués de la maladie et des médecins.
 | Tout d'abord le Grand Dauphin meurt de la petite vérole. Le roi
prend en main la formation de son petit-fils Louis, duc de Bourgogne et
nouveau Dauphin. Le jeune homme est prometteur, et il a été
formé auparavant par le grand Fénelon. C'est le petit-fils
préféré du vieux roi.
|
Le Dauphin Louis est marié à Marie Adélaïde
de Savoie, dont il est éperdument amoureux. Quand la Dauphine meurt
d'une pneumonie, il se laisse mourir de chagrin et la suit dans la tombe
au bout d'une semaine.
| 18 fevrier 1712 : Mort du Dauphin Louis, duc de Bourgogne et petit fils de Louis XIV. |
Ce drame ébranle le vieux roi. Le Dauphin a eu trois fils. Le
premier est mort, les deux autres sont en bas âge. Ils attrapent
la rougeole. On les baptise en catastrophe, leur donnant à tous
deux le prénom Louis "au cas où". Si les deux enfant trépassent,
le plus proche héritier est le roi d'Espagne, on force donc Philippe
V à renoncer à ses droits sur la couronne. Il y consent du
bout des lèvres. S'adressant à son dernier petit-fils (Charles
de Berry), Louis XIV lance « il ne me reste plus que vous ! ».
On appelle les médecins à la rescousse. Ces braves gens
auscultent, saignent, diagnostiquent, resaignent, bref en un mot achèvent.
Les efforts conjugués des praticiens et de la maladie viennent à
bout du premier enfant.
| 8 mars 1712 : Mort du duc de Bretagne, arrière petit fils de Louis XIV. |
La nourrice du dernier arrière petit-fils en vie arrache son protégé
aux médecins. C'est à elle que le futur Louis XV doit la
vie. Cependant, nul ne croit à la guérison de l'enfant.
Quand le duc de Berry se tue dans un accident de chasse, les derniers espoirs
de Louis XIV sont réduits à néant. Quand le vieux
roi meurt, laissant un enfant moribond, c'est pour abandonner la Régence
à son neveu Philippe d'Orléans (qu'il a toujours détesté)
tandis que l'Europe attend une guerre de succession de France aussi meurtrière
que celle d'Espagne.
Que serait-il advenu si l'enfant avait succombé? Les difficultés
du début de la Régence laissent augurer le pire : une guerre
de succession de France à la fois civile et étrangère
avec de multiples partis... Le duc d'Orléans, héritier légal
le plus proche ; le roi d'Espagne, héritier le plus légitime ;
les fils légitimés de Louis XIV (fils des favorites)...
et le reste de l'Europe qui s'en mèle en tentant de profiter de
l'anarchie !
Heureusement, grâce à la persévérance et
aux bons soins de sa nourrice, l'enfant chétif va guérir
et survivre. Le soulagement est tel que le pauvre petit roi orphelin devient
immédiatement « Louis XV le Bien Aimé ».
Le Roi Soleil, qui détestait son neveu d'Orléans, avait
concocté un système de régence bien verrouillé,
où le pouvoir de Philippe d'Orléans était fortement
entravé par les fils légitimés. Le duc d'Orléans
fait casser le testament de Louis XIV par le Parlement
de Paris.
D'un côté il se donne ainsi les mains libres vis-à-vis
des fils légitimés, mais d'un autre côté il
se les lie lui-même vis-à-vis du Parlement auquel il a implicitement
redonné un rôle politique. Les « robes rouges »
relèvent le tête.
| 15 septembre 1715 : Le Parlement retrouve son droit de Remontrance au souverain. |
| 15 septembre 1715 : Instauration de la Polysynodie = remplacement des ministres par des conseils. |
 | Le royaume a été ruiné par le règne de Louis
XIV. Le ministre John Law tente une audacieuse réforme avec l'introduction
de la monnaie papier.
| 1716 à 1720 : Réforme de Law. Tentative de monnaie papier. |
| 2 mai 1716 : Law autorise de créer une banque générale (qui sera bientôt banque royale). |
Cette idée est trop en avance sur son temps. Elle suscite la spéculation
et se termine par le premier krach de l'Histoire et en banqueroute pour
le royaume.
| 22 mars 1720 : Fermeture de la Bourse rue de Quincampoix. |
| juin - juillet 1720 : Panique boursière. Emeute à Paris. Faillite du système de Law. |
| 12 decembre 1720 : Law fuit en Hollande. |
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L'Espagne, qui a tant été rabaissée lors de l'accession
au trône de son roi Philippe V, veut prendre sa revanche et récupérer
ses possessions européennes. Elle déclenche donc une guerre.
| 1718 à 1720 : Guerre contre l'Espagne. |
Les Espagnols fomentent une insurrection à Paris pour affaiblir le Régent. La France entre alors dans la guerre aux
côtés de l'Angleterre, l'Empire et les Province Unies.
| 20 janvier 1720 : Convention de Madrid: Philippe V renonce définitivement à ses droits sur la couronne de France. |
| 1721 : Montesquieu publie les Lettres Persanes sous couvert de l'anonymat et à Amsterdam. |
| 27 novembre 1721 : Exécution du bandit Cartouche. |
| 22 fevrier 1723 : La majorité de Louis XV est enregistrée par le Parlement. |
|  |
Le monde a changé. Tout se joue désormais à l'échelle
de l'Europe : quand une guerre éclate quelque part, la machine infernale
des alliances entraîne le vieux continent entier dans une guerre
généralisée. Ce mécanisme de l'extension inexorable
des conflits perdurera jusqu'à nos jours : quand le XXième
siècle fera que tout se jouera à l'échelle du monde,
les guerres deviendront mondiales.
Louis XV est d'un naturel pacifiste, mais il se retrouvera entraîné
par ses alliances dans une série de guerres désastreuses
où la France ne gagnera rien et perdra beaucoup. Deux états
ont remplacé Louis XIV dans le rôle
du boutte-guerre :
-
La Prusse qui est la puissance montante, et qui va bientôt
disputer la suprématie en Allemagne à la toute puissante
Autriche des Habsbourgs (ce qui se traduira par la lutte acharnée
pour la Silésie).
-
L'Angleterre qui veut acquérir la suprématie définitive
sur le commerce international, et en particulier sur les Indes et l'Amérique
du Nord (donc au détriment de la France).
Ces deux conflits interagissent : l'Angleterre, en particulier, envenime
du mieux qu'elle peut les relations européennes et le différent
austro-prussien pour occuper et affaiblir la France. D'où la célèbre
phrase d'un gouvernant anglais (j'ai oublié qui!) «Nous avons
gagné le Canada en Silésie».
Une autre caracteristique du règne de Louis XV est une lutte
sans fin avec les parlementaires à qui le Régent a si imprudemment
redonné un rôle politique. L'administration royale est devenue
trop complexe pour être dirigée par une seule personne, à
plus forte raison un roi enfermé dans le microcosme irréel
de Versailles.
Il a manqué à Louis XV un premier ministre de génie
pour le seconder... mais hélas pour la France : pas de Marigny,
pas de Sully, pas de Richelieu, pas de Colbert...
seulement Fleury et Choiseul. G. Bordonove résume ceci par «c'était
un Louis XIII sans Richelieu».
| 11 juin 1726 : Début du ministère du cardinal de Fleury. |
Le début du règne se fait sous la direction du cardinal de
Fleury que le roi orphelin considère comme un père :
-
Redressement financier, essor de l'industrie
-
Rénovation des voies de communication, essor du commerce
-
Difficultés parlementaires et religieuses (jansénisme)
| 23 janvier 1730 : Marivaux fait jouer pour la première fois les jeux de l'amour et du hasard. |
| 24 mars 1730 : Le droit de remontrance du Parlement est restreint. |
| 18 août 1732 : Le droit de remontrance du Parlement est restreint. |
| 1er fevrier 1733 : Mort du roi de Pologne Auguste II. |
| 12 septembre 1733 : Stanislas Lecsinski est proclamé roi de Pologne. |
| 20 octobre 1733 : Auguste de Saxe est proclamé roi de Pologne, en concurence avec Stanislas Lecsinski. |
Cette affaire purement polonaise dégénère en guerre
européenne. La France y rentre car un des deux compétiteurs
est père de la reine.
| 10 octobre 1733 : Louis XV déclare la guerre à l'Autriche. |
| 1733 à 1735 : Guerre de succession de Pologne. |
L'affrontement oppose le camp de la France et de l'Espagne à celui
de la Russie, l'Autriche et la Saxe.
| 18 novembre 1738 : Traité de Vienne (à ne pas confondre avec le congrès de Vienne qui partagera l'Europe après la chute de Napoléon) = échanges de trônes. La France récupérera à terme la Lorraine. |
L'empereur Charles VI meurt. Une «pragmatique sanction» enterinée
par l'Europe entière devait permettre à sa fille Marie-Thérèse
de lui succéder. Une guerre de succession se déclenche néanmoins,
qui sert avant tout les interêts de la Prusse (qui met la main sur
la Silésie) et ceux de l'Angleterre (qui a les mains libres dans
les colonies).
| 16 decembre 1740 : La Prusse envahit la Silésie. |
| 1741 à 1748 : Guerre de succession d'Autriche. |
Ce nouvel affrontement oppose la coalition France, Espagne, Bavière
et Prusse à celle Autriche, Provinces Unies et Angleterre.
| 11 mai 1745 : Victoire de Fontenoy. C'est le fameux «Messieurs les Anglais tirez les premiers». |
Le soir de Fontenoy, le roi emmène son fils (qui est le père
du futur Louis XVI) sur le champ de bataille pour voir l'atroce enchevêtrement
de cadavres. Il lui dit « Voyez ce que coûte une victoire! Le
sang de nos ennemis reste le sang des hommes, la vraie gloire est de l'épargner ».
|  |
| 2 mai 1668 : Traité d'Aix la Chapelle, fin de la guerre de Dévolution. |
 | Les tensions persistent en Europe :
-
rivalité entre la France et l'Angleterre pour le commerce maritime
et la possession des colonies.
-
rivalité entre la Prusse et l'Autriche pour la possesson de la Silésie
et l'hégémonie en Allemagne.
| 1755 : Rousseau publie le discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité. |
|
Ces tensions débouchent sur la guerre de Sept Ans.
La guerre est d'abord un conflit généralisé opposant
le camp de l'Angleterre et de la Prusse à celui de la France et
de l'Autriche, rejoints plus tard par la Suède et la Russie.
| 5 janvier 1757 : Damiens tente d'assassiner le roi Louis XV. |
| 28 mars 1757 : Supplice de Damiens pour avoir tenté d'assassiner Louis XV. |
Les artistes, protégés par la favorite Madame de Pompadour,
ne servent plus la gloire du régime comme au temps de LouisXIV.
Au contraire, ils alimentent la contestation des salons parisiens
et prêchent dans l'opinion la cause de Frédéric II
de Prusse, prototype du «despote éclairé» qui
plaît tant aux penseurs du temps. Le grand Voltaire, qui entretient
des liens d'amitié avec le roi de Prusse, est de ces penseurs.
Le roi Frédéric II de Prusse bat séparément
la France, puis l'Autriche et enfin la Russie qui se révèlent
incapables de coordonner leurs actions. Le conflit se sépare bientôt
en deux conflits parallèles : France contre Angleterre et Prusse
contre Autriche.
| 9 octobre 1758 : Début du ministère de Choiseul. |
| 18 septembre 1759 : Perte de Québec. |
| 8 septembre 1760 : Capitulation de Montréal. |
| 15 août 1761 : «Pacte de famille» entre les Bourbons de France, d'Espagne et d'Italie. |
| 10 fevrier 1763 : Traité de Paris : perte du premier empire colonial de la France au profit de l'Angleterre. |
La France perd la totalité de son premier Empire colonial au profit
de l'Angleterre : Louisiane, Sénégal, Canada, Antilles et
Inde. Seuls la Martinique, la Guadeloupe et cinq comptoirs commerciaux
d'Inde (dont Pondichery) sont sauvés. L'opinion publique reproche
au roi l'abaissement de la France ; Louis XV est devenu le «Bien
Haï».
Choiseul n'est pas premier ministre, mais titulaire de trois ministères
(affaires étrangères, guerre et marine). Le bilan de son
action est :
-
réorganisation de l'armée et reconstruction de la marine.
-
tentative de résolution des problèmes religieux par le bannissement
des jésuites.
-
graves révoltes parlementaires.
| 26 novembre 1764 : Les jésuites sont bannis de France. |
| 15 mai 1768 : Achat de la Corse à la république de Gênes. |
Pour compenser la perte du Canada, Choiseul rachète la Corse aux
Génois, ajoutant de nouveaux problèmes car il faudra prendre
le contrôle de l'île par la force.
Choiseul est renvoyé. La comtesse du Barry a remplacé madame
de Pompadour dans le rôle de facorite. Elle cristallise sur elle
la haine populaire.
|  |
Les dernières années du règne se font sous les ministères
du Triumvirat :
-
Chancelier Maupéou : réforme et abaissement des Parlements.
-
Abbé Ternay : redressement partiel des finances.
-
Duc d'Aiguillon : politique étrangère désastreuse.
| 23 fevrier 1771 : Réforme de Maupéou = Parlement de Paris remplacé par 6 Conseils supérieurs. |
Quand le roi meurt au terme de soixante ans de règne (l'un des plus
longs de l'Histoire), il est detesté. On transporte le cercueil
la nuit de Versailles
à Saint Denis pour éviter les huées des spectateurs.
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EN CONSTRUCTION !
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