Hugues Capet
Roi de France
Naissance
vers 940
Mort
24 octobre 996
Généalogie
Pas de blason
Capétiens directsRoi de France = Hugues Ier
Début : 1er juin 987 / Fin : 24 octobre 996
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Le fils d'Hugues le Grand
Haut de pagepas de paragraphe précédentLe duc de France
 vers 940 1 : Naissance de Hugues Capet.

Hugues est le fils du duc de France Hugues le Grand. Son surnom de « Capet » (dont les révolutionnaires feront le patronyme des capétiens) lui vient des nombreuses abbayes qui composaient son héritage : virtuellement abbé, il détenait symboliquement de nombreuses « chapes » d'ecclésiastique.

Le duc de France
Haut de pageLe fils d'Hugues le GrandAdalbéron, archevêque de Reims
 16 ou 17 juin 956 2 : Mort de Hugues le Grand à Dourdan. Hugues Capet est nouveau duc des Francs à 15 ans.

Pour se concilier l'église, Hugues Capet devient le protecteur des abbayes (que certains de ses homologues n'hésitent pas à préssurer).

Adalbéron, archevêque de Reims
Haut de pageLe duc de FranceLe bras de fer final

Face au chaos de l'Europe d'après Verdun, l'Eglise rêve toujours de la restauration de l'unité européenne, et donc de l'Empire, qui apporterait paix et stabilité au vieux continent. Pour y parvenir, elle estime que deux conditions doivent être remplies :

  • un seul Carolingien couronné en Europe pour éviter les luttes successorales à l'Empire.
  • une France affaiblie par les conflits internes, et donc proie facile pour l'Empire qui pourra la reconquérir.

L'Eglise les synthétise en une ligne de conduite :

Depuis le traité de Verdun, elle s'y emploie, favorisant la rivalité entre Carolingiens et Robertiens.

La tête de file de cette pensée est l'archevêque de Reims Adalbéron, efficacement secondé par le moine Gerbert (futur pape de l'an mil sous le nom de Sylvestre II). Suivant les époques, ce dessein d'unification de l'Europe sous une même autorité sera qualifié de «recherche de l'unité impériale», «haute trahison» ou «construction européenne». Ne jugeons pas Adalbéron avec nos mentalités du XXIième siècle : même s'il peut nous sembler au premier abord trahir son pays et le mettant à la merci de l'étranger, ce qu'il cherche en fait, c'est rétablir l'unité de ce qu'il considère comme son vrai pays : l'Empire. Il court après le rêve de la Pax Romana et de l'Empire de Charlemagne.

Le bras de fer final
Haut de pageAdalbéron, archevêque de ReimsLe roi de France
 983 3 : Mort de l'empereur Otton II. La couronne impériale échoit à un enfant de 3 ans, Otton III.

Le roi Lothaire y voit sa chance de capter la couronne impériale. Il entame des pourparlers avec le duc de Bavière.

La nouvelle de cette alliance, et d'une prochaine et nième guerre européenne, alarme Adalbéron et Gerbert. Ils décident de passer à l'action et contactent le puissant duc Hugues pour lui proposer leur soutien dans la conquête du trône.

Hugues Capet temporise et ne se mouille pas. Le roi Lothaire apprend les manoeuvres de l'archevêque, et tente sans succès de le faire déposer.

 2 mars 986 4 : Le roi Lothaire se tue accidentellement en tombant de cheval à Compiègne. Avenement de son fils Louis V.

Son fils, le jeune Louis V (associé par Lothaire à la couronne, il ne rencontre pas de difficultés lors de son accession au trône) met le siège devant Reims. Adalbéron s'en tire avec la promesse de comparaître à Compiègne devant un juri des Grands le 18 mai 987.

 21 mai 987 5 : Louis V meurt dans un accident de chasse près de Compiègne.

On sait fort peu de choses sur ce singulier accident qui tombe à pic pour arranger la fortune de pas mal de gens... (l'archevêque Adalbéron, le duc Hugues et le parti de l'empereur mineur Otton III). Toujours est-il qu'il retourne la situation.

Hugues Capet fait disculper Adalbéron qui prend ensuite la direction des opérations. Il obtient l'écartement de Charles de Lorraine (oncle de Louis V) et fait décider que la monarchie sera élective. Tout s'enchaîne ensuite :

 1er juin 987 6 : Hugues Capet est élu roi de France. Fin des Carolingiens et début des Capétiens.
 3 juillet 987 7 : Hugues Capet est sacré à Reims par l'archeveque Adalberon.

Adalbéron triomphe : bientôt Otton III sera majeur, il pourra, du haut de sa majesté carolingienne, sans problème écarter le roitelet Robertien, annexer la France... et l'unité européenne sera faite. Loin de construire l'Europe, le malheureux archevêque vient de mettre, pour huit siècles, sur le trône de France la dynastie la plus nationaliste, autonomiste et anti-européenne de notre histoire.

Le roi de France
Haut de pageLe bras de fer finalpas de paragraphe suivant

Sitôt couronné, Hugues Capet demanda à ce que son fils Robert soit associé à la couronne. Adalbéron, qui ne voulait pas d'une nouvelle dynastie, mais au contraire un roi précaire car juste élu, refusa. Hugues insista, déclarant que comme il était sur le point de partir aider le duc de Barcelone (contre les Sarrasins), le royaume serait à la merci de Charles de Lorraine. La crainte du retour du Carolingien sur le trône emporta sans doute la décision de l'archevêque qui se laissa flechir.

 25 decembre 987 8 : Robert II est couronné roi de France par son père Hugues Capet à Orléans.

... et Hugues ne se donna même pas la peine de partir réellement aider le duc de Barcelone.

Adalbéron mourra trop tôt (en janvier 989) pour voir le naufrage de sa vision politique. Les rois Hugues et Robert II prennent le plus de distance possible avec l'Empire et le Saint-Siège (récusant l'autorité du pape sur l'Eglise de France et lui substituant celle du «Concile des Gaules», le concile des évêques de France). L'emiettement féodal atteint son paroxisme, ruinant au passage l'héritage territorial d'Hugues le Grand.

 24 octobre 996 9 : Mort d'Hugues Capet.

Cette personne est référencée dans l'ouvrage du père Anselme :

   - Tome I, p 69 et 70, dans la section « CHAPITRE III - Rois de France de la troisième race, dite des Capétiens ».

Sources des dates citées dans cette page :
 - 1 (vers 940) : d'après Wikipédia biographie
 - 2 (16 ou 17 juin 956) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome I, p 218
 - 3 (983) : d'après "le Monde au Moyen Age" de B. Merdrignac et P. Mérienne p 37
 - 4 (2 mars 986) : d'après "l'histoire chronologique et généalogique de la maison royale de France" du père Anselme de Sainte Marie tome I, p 37
 - 5 (21 mai 987) : d'après "l'histoire chronologique et généalogique de la maison royale de France" du père Anselme de Sainte Marie tome I, p 38
 - 6 (1er juin 987) : d'après "Histoire de la France et des Français au jour le jour" d'A. Castelot et A. Decaux section 954-987
 - 7 (3 juillet 987) : d'après "l'histoire chronologique et généalogique de la maison royale de France" du père Anselme de Sainte Marie tome I, p 69
 - 8 (25 decembre 987) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome I, p 426
 - 9 (24 octobre 996) : d'après "l'histoire chronologique et généalogique de la maison royale de France" du père Anselme de Sainte Marie tome I, p 70
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