L'hérésie cathare s'est considérablement implantée dans le midi. L'envoi de missionaires chargés de remettre les brebis égarées dans le droit chemin ayant échoué, l'Eglise décide de passer à la manière forte. Pour le faire, il lui fallait un pretexte. L'assassinat d'un des légats du Pape en fournit un inespéré.
Aucun roi (en particulier pas Philippe Auguste) et aucun grand seigneur féodal n'ayant souhaité prendre la tête de la croisade, elle est dirigée par le légat du pape Arnaud Amaury et le baron Simon de Montfort. En ligne de mire des croisés, le comte de Toulouse Raymond VI et son neuveu le vicomte de Béziers Raymond-Roger Trancavel. Raymond VI fait habilement sa soumission et se croise. Cette chance n'est pas donné au vicomte de Béziers qui est éconduit. L'armée croisée se dirige vers Béziers. Raymond-Roger y accoure, donne les ordres pour la mettre en défense, et part pour Carcassonne lever une armée de secours.
L'armée croisée vient mettre le siège devant Béziers. Le temps travaille contre elle : la ville est tout à fait capable de soutenir un long siège et, les soldats de l'armée croisée étant soumis au système féodal du service de 40 jours (au delà desquels ils sont déliés de toute obligation et peuvent rentrer chez eux), l'armée croisée est menacée de désintégration (et la croisade de fiasco) si la ville ne tombe pas rapidement. Tellement insignifiantes que des Bitterois ne résistent pas à l'envie de sortir narguer les croisés. Ils taillent en pièces un croisé isolé. Imprudemment exposés, ils font une echauffourée avec quelques valets d'armes croisés. Soudain conscients de leur imprudence, les Bitterois refluent vers les portes grandes ouvertes de la ville... les croisés sur les talons ! Tout ce beau monde s'engouffre par la porte. Le drame est joué ! Les croisés tiennent une porte et pénètrent dans la ville. Le carnage va durer toute la journée. Toute la population sera massacrée, et la ville brûlée.
La tradition veut que, alors qu'on lui demandait s'il fallait distinguer les catholiques des cathares, le légat du Pape aie répondu « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». La véracité de l'anecdote est très controversée, mais réelle ou pas, elle résume bien l'état d'esprit de l'homme qui écrira au Pape :
La tragédie de Béziers a terrorisé le Languedoc. Pour profiter au maximum de cet effet psychologique, les croisés annoncent que toutes les places qui oseront resister subiront le même sort que Béziers. Aussitôt villes et forteresses font leur soumission. Les croisés ne rencontreront plus de résistance avant Carcassonne.
La ville cedera par manque d'eau. Raymond-Roger Trancavel négocie la vie sauve pour toute la population qui doit quitter la ville en y abandonnant tout ses biens. Le vicomte sera le seul emprisonné. Il est jeté dans un cul de basse fosse où il mourra, et Simon de Montfort prend ses titres. La croisade contre les Albigeois a bien failli n'être qu'un fiasco, mais elle est desormais bien lancée. 20 ans de guerre vont briser le Languedoc qui finira finalement dans le patrimoine des rois de France.
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