|   |  | la croisade contre les Albigeois |
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 | Limites de la période |  |
| Début : vers 1160 = Le catharisme s'implante solidement dans le Languedoc Fin : 1321 = Le dernier Parfait cathare, Guilhem Bélibaste, est brûlé au château de Villerouge-Termenès | |
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 | Résumé |  |
| L'héresie cathare, doctrine aux origines orientales,
se développe à partir de l'an 1000
et s'implante profondément dans le Midi de la France à partir de 1160
(en particulier en Albi,
d'où le nom d'Albigeois donné aux Cathares).
Elle y est soutenue par certains seigneurs.
L'Eglise tente d'abord de convertir les hérétiques
(Saint Bernard) mais echoue.
Les pressions sur les seigneurs ne donnent rien.
Quand un de ses légats est assassiné,
le Pape saisit l'occasion de précher une croisade qui se décomposera en deux phases.
Le premier bras de fer oppose Simon de Montfort
(chef des croisés) au comte de Toulouse Raymond VI.
Le conflit religieux devient rapidement un conflit politique,
et même une conquête des terres du Midi par les seigneurs du nord.
Il devient aussi, comme toujours, un bain de sang.
Les languedociens font front ensemble, catholiques et cathares.
Les croisés enlèvent dans un premier temps tout le Languedoc,
mais après des révoltes et la mort de Simon de Montfort,
Raymond VI et ses vassaux retrouvent leurs possessions.
Les cathares sont toujours là.
Dans un second temps, le roi de France Louis VIII
(puis sa femme Blanche de Castille
pendant la minorité de Saint Louis),
prendra les choses en main, face au nouveau comte de Toulouse Raymond VII.
La « croisade royale » n'est en fait
qu'une prise en main du Languedoc par les troupes royales.
Le conflit politique terminé, et les cathares ayant perdu leurs protecteurs,
l'Inquisition parvient à abbatre l'héresie.
Les dernières forteresses tenues par les cathares tombent les unes après les autres :
Montségur, Puilaurens
et Quéribus.
Les Parfaits sont pourchassés jusqu'au dernier.
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Pour en savoir plus sur la croisade contre les Albigeois : |
|  | Pages liées | |
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 | L'origine du catharisme est orientale.
Il apparaît au début du XIième siècle
et se propage en Europe.
Le terme "cathare" vient du grec kaqaroV
qui signifie « pur ».
Il va se développer pendant deux siècles.
| 1000 : Leif Erikson, fils d'Eric le Rouge, découvre l'Amérique du Nord qu'il baptise Vinland (pays de la vigne). |
| 1054 : Grand Schisme : le Pape et le Patriarche de Constantinople s'excommunient mutuellement. Séparation des Eglises latine (catholique romaine) et grecque (orthodoxe). |
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| 15 juillet 1099 : Prise de Jérusalem par les croisés. Le pillage et le massacre de la population durent trois jours. |
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La doctrine cathare (je ne suis pas du tout spécialiste,
je me contenterai timidement de quelques généralités) part du christianisme.
Elle dérive du bogomilisme bulgare.
Elle développe une vision très manichéenne de l'univers :
le Bien contre le Mal, Dieu contre Satan.
L'homme serait ainsi un esprit (bon) enfermé dans de la matière (mauvaise).
Ils rejetent le dogme de l'eglise catholique de la nature divine du Christ,
croient en la réincarnation et prônent le détachement le plus complet du monde.
Une hierarchie existe entre les prêtres (les « Parfaits »)
qui doivent mener une vie exemplaire, et les simples fidèles (les « Croyants »).
Le seul sacrement reconnu par les cathares est le consolamentum,
qui fait à la fois office d'ordination des Parfaits
et d'extrême onction pour les Croyants.
Ils rejetent tous les autres sacrements de l'église catholique,
y compris le mariage.
Les doctrines cathares et catholiques s'opposent sur de nombreux points.
Les cathares rejetent energiquement les dogmes de l'eglise catholique
qu'ils qualifient d'Eglise de Satan.
L'Eglise, quant à elle, voit son autorité sapée dans le Midi
(il faut dire que la vie exemplaire des Parfaits paraît bien édifiante
au regard des relâchements du clergé catholique en ce milieu de Moyen Age),
et voit donc dans le catharisme une menace mortelle.
Malgrè les efforts de l'Eglise catholique,
le catharisme se développe librement en Lombardie et dans le Languedoc.
Des missionaires y sont donc envoyés pour prêcher, mais echouent.
| 27 juillet 1149 : Débâcle devant Damas de l'expédition de Louis VII et de l'Empereur (du Saint Empire) Conrad. |
| 1150 : Arrivée de Saint Bernard dans la pays albigeois pour convertir les Cathares. |
| 1167 : Concile cathare de Saint-Félix-Lauragais. |
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L'Eglise Cathare est dirigée par quatre évêques
(Albi, Agen,
Toulouse et Carcassonne).
La primauté va à l'évêque d'Albi,
d'où le nom d'Albigeois donné aux cathares du Languedoc.
 | Devant l'echec des missionaires, l'Eglise décide de devenir plus pressante.
| 5 mars au 19 mars 1179 : IIIième concile de Latran : l'Eglise envisage de recourir « au bras séculier » à l'encontre des cathares, c'est-à-dire à la force. |
| 4 juillet 1187 : Saladin le Grand écrase les armées franques à Hittin (près du lac de Tibériade). |
| 2 octobre 1187 : Saladin reconquiert Jerusalem. Il ne reste plus des Etats Francs de Terre Sainte que Antioche, Tripoli et Tyr. |
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| 1204 : Le Pape Innocent III envoie 3 légats prêcher contre les Albigeois. |
| 12 avril 1204 : Constantinople est prise d'assaut par les croisés. |
| 2 mai 1207 : Le comte de Toulouse Raymond VI est excommunié car il continue à protéger les Cathares. |
La cohésion entre les seigneurs du Midi,
mise en évidence par leur soutien unanime aux Cathares,
laisse craindre une sécession politique et religieuse du Midi.
Il ne manque plus qu'une étincelle pour mettre le feu aux poudres.
Le pape Innocent III
saisit l'occasion d'abbatre l'hérésie et prêche la croisade contre les Albigeois.
Philippe Auguste est prié de prendre la tête de la croisade,
mais refuse (au demeurant, il a déjà suffisament à faire avec Jean sans Terre).
Elle sera dirigée par le légat du pape Arnaud Amaury
et le baron Simon de Montfort.
 | Pour sauver son pouvoir et echapper à l'excommunication,
Raymond VI fait sa soumission
et s'humilie publiquement à Saint Gilles.
| 18 juin 1209 : Raymond VI de Toulouse se réconcilie avec l'Eglise. |
Pour ne plus être inquiété, il va même jusqu'à se croiser.
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Le vicomte de Béziers, Raymond-Roger Trancavel
(neveu de Raymond VI) se retrouve attaqué par l'armée croisée.
Il tente de parlementer mais est éconduit.
L'armée croisée se dirige vers Béziers.
Raymond-Roger y accoure, donne les ordres pour la mettre en défense,
et part pour Carcassone lever une armée de secours.
L'armée croisée vient mettre le siège devant Béziers.
Le temps travaille contre elle :
la ville est tout à fait capable de soutenir un long siège et,
les soldats de l'armée croisée étant soumis au système féodal du service de 40 jours
(au delà desquels ils sont déliés de toute obligation et peuvent rentrer chez eux),
l'armée croisée est menacée de désintégration (et la croisade de fiasco)
si la ville ne tombe pas rapidement.
Une ambassade, dirigée par l'évêque de Béziers,
est envoyée par les croisés aux assiégés.
Les croisés exigent que leur soient livrés 222 cathares de la ville,
après quoi Bézier n'aurait plus rien à craindre.
Les consuls refusent, d'accord avec la population.
L'évêque offre alors aux « croyants sincères »
de quitter la ville avec lui.
La plupart, y compris des prêtres catholiques, refusent.
Les habitants de Béziers font front
face à ce qu'ils ont bien identifié comme une armée d'invasion venue du nord.
De plus, les chances des croisés de prendre la ville sont insignifiantes...
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Tellement insignifiantes que des Bitterois ne résistent pas à l'envie de sortir narguer les croisés.
Ils taillent en pièces un croisé isolé.
Imprudemment exposés, ils font une echauffourée avec quelques valets d'armes croisés.
Soudain conscients de leur imprudence,
les Bitterois refluent vers les portes grandes ouvertes de la ville...
les croisés sur les talons !
Tout ce beau monde s'engouffre par la porte.
Le drame est joué !
Les croisés tiennent une porte et pénètrent dans la ville.
Le carnage va durer toute la journée.
Toute la population sera massacrée, et la ville brûlée.
| 22 juillet 1209 : Prise de Béziers par les Croisés. Massacre de la totalité de la population, cathares et catholiques confondus. |
La tradition veut que, alors qu'on lui demandait s'il fallait distinguer les catholiques des cathares,
le légat du Pape aie répondu
« Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».
La véracité de l'anecdote est très controversée, mais réelle ou pas,
elle résume bien l'état d'esprit de l'homme qui écrira au Pape :
 | | | Hauts lieux de la conquête du Languedoc |
La tragédie de Béziers a terrorisé le Languedoc.
Pour profiter au maximum de cet effet psychologique,
les croisés annoncent que toutes les places qui oseront resister subiront le même sort que Béziers.
Aussitôt villes et forteresses font leur soumission.
Les croisés ne rencontreront plus de résistance avant Carcassonne.
| 1er août 1209 : Les croisés mettent le siège devant Carcassonne. |
La ville cedera par manque d'eau.
Raymond-Roger Trancavel négocie la vie sauve pour toute la population
qui doit quitter la ville en y abandonnant tout ses biens.
Le vicomte sera le seul emprisonné.
Il est jeté dans un cul de basse fosse où il mourra,
et Simon de Montfort prend ses titres.
 | L'année suivante, les principales forteresses cathares tombent
aux mains de Simon de Montfort.
| 25 juillet 1210 : Réddition de Minerve. |
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Raymond VI lui-même est attaqué.
Il est battu à Castelnaudary.
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Toujours menacé, Raymond VI s'allie
avec le roi Pierre II d'Aragon.
| 27 janvier 1213 : Raymond VI et son fils placent le comté de Toulouse sous la protection de Pierre II d'Aragon. |
Mais les deux alliés sont battus par Simon de Montfort et le roi d'Aragon meurt sur le champ de bataille.
 | | 27 juillet 1214 : Bataille de Bouvines. La France est victorieuse de l'Angleterre, de l'Empire et des Flandres. |
| 1215 : Prise de Pékin par les Mongols. |
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Philippe Auguste refuse toujours
de s'impliquer dans la croisade contre les Albigeois.
Néanmoins, il laisse le prince Louis (futur Louis VIII)
mener une première intervention, qui relève plus de la promenade,
et investit officiellement Simon de Montfort
des territoires conquis
(que l'Eglise avait déjà attribué à Montfort par le concile du Latran) :
comté de Toulouse, duché de Narbonne, vicomté de Béziers, etc...
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| 1214 : Croisade du prince Louis. |
Le véritable but de ces deux manoeuvre était de rappeler
que les terres du comté de Toulouse sont françaises
(le comte de Toulouse est pair de France),
et que leur maître de fait (Simon de Montfort)
doit les tenir juridiquement du roi de France, et pas de l'Eglise.
Raymond VII (fils de Raymond VI,
le second ayant abdiqué de ses titres en faveur du premier)
n'entend pas se laisser déposséder de son héritage.
Il se lance dans une guerre de reconquête.
Il est aidé en cela par l'hostilité générale
que Simon de Montfort a dressé contre lui-même.
Accueillis à Marseille dans une joie délirante, le père et le fils
(Raymond VI et Raymond VII) virent confirmé à Avignon
que leurs possession de Provence leur restaient fidèles.
 | Une armée fut rapidement mise sur pied.
Menée par Raymond VII,
elle va mettre le siège devant le château de Beaucaire.
Simon de Montfort accourt avec une armée de secours,
mais il ne peut briser le siège du château.
Lorsqu'il apprend que Raymond VI s'apprête à envahir le Languedoc
avec des mercenaires aragonais, il doit abandonner la place.
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Pour la première fois, les croisés ont du abandonner la partie !
Les Toulousains s'étaient soulevés avant l'arrivée de Raymond VI.
Mal leur en prit car c'est Simon de Montfort
qui se présenta le premier.
La répression fut terrible :
déportation d'une partie de la population, pillage, impôt écrasant...
Cette expédition ne lui apporte que des soumissions temporaires,
Raymond VII refusant habilement l'affrontement direct.
Simon doit faire demi-tour en catastrophe
quand il apprend que Raymond VI a libéré Toulouse,
et que sa femme s'y trouve assiégée dans le Château-Narbonnais !
La ville tient durant tout l'hiver et le printemps.
Les renforts croisés reçus par Simon de Montfort en mai 1218
ne lui permettent pas de l'emporter.
Ces renforts ne comportent aucun contingent royal,
Philippe Auguste ayant de nouveau repoussé
les injonctions du Pape.
L'inefficacité du blocus permit à Raymond VII
de rentrer sans encombres dans Toulouse assiégée,
où il fut accueilli par la population en liesse.
Simon de Montfort redouble d'effort,
mais est tué au cours du siège.
Son fils Amaury lui succède,
mais doit abandonner le siège au bout de quelques jours.
Toulouse est victorieuse.
Dès lors, c'est la course à la reconnaissance par les vassaux
pour les deux jeunes prétendants au titre de comte de Toulouse
(Raymond VII et Amaury de Montfort).
La quasi totalité du Languedoc et de la Provence se range derrière Raymond VII,
Amaury ne s'assurant guère que de l'Albigeois.
Le Pape se démène et réussit enfin à faire bouger Philippe Auguste.
Ce dernier envoit une armée commandée par le prince Louis (futur Louis VIII)
pour soutenir Amaury de Montfort.
| 2 ou 3 juin 1219 : L'armée royale arrive devant Marmande. |
La ville est rapidement enlevée,
mais l'armée royale se livre à un massacre comparable à celui de Béziers :
5000 personnes sont exterminées sans aucune pitié ni aucun discernement.
Sans forcément l'avoir ordonné, le prince Louis a au moins laissé faire,
ce qui tranche avec la tradition capétienne
qui n'a jamais été de perpetrer le génocide
(Philippe Auguste lui même
ne s'est-il pas distingué 5 ans plus tôt des usages du temps
en laissant la vie sauve aux traitres capturés à Bouvines?).
Ce crime est sans excuse.
Au lieu de les terroriser, cette atrocité renforce la determination des Toulousains.
Si le fils du roi (suzerain du comté) vient prêter main forte au fils du tyran,
eh bien on se battra contre le fils du roi.
Le prince Louis s'était imaginé que les Toulousains trembleraient devant la bannière fleurdelisée,
il en était pour ses frais.
Malgrès une armée plus nombreuse et mieux organisée que celle de Simon de Montfort
(permettant en particulier un vrai encerclement),
les assauts sont vains :
les Toulousains se battent avec l'energie du desespoir.
Ecoeuré, le prince Louis prend le pretexte de la fin de la quarantaine
(de jours de service selon le droit féodal) pour lever le siège.
| 1er août 1219 : L'armée royale lève le siège. Toulouse a résisté une fois de plus. |
 | La reprise en main de la totalité des terres autrefois possédées par son père
n'est plus pour Raymond VII qu'une promenade triomphale.
De victoire en victoire, il redevient le maître du comté de Toulouse et de tout le Languedoc.
Amaury de Montfort ne sortait plus de Carcassonne.
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Les deux prétendants en appellent à l'arbitrage de Philippe Auguste :
Amaury pour offrir ses droits au roi
(à charge pour ce dernier de faire la reconquête de ces terres, quel cadeau !),
Raymond VII pour prêter allégeance au roi
(et donc oublier la dernière croisade du prince Louis...).
Philippe Auguste ne tranche pas
(du reste, il est malade et s'éteindra bientôt),
ne voulant ni s'engager dans une couteuse expédition,
ni se mettre en conflit avec le Pape qui voit toujours Raymond VII comme un hérétique.
| 2 août 1222 : Mort du comte de Toulouse Raymond VI. |
| 21 septembre 1222 : Avenement de Raymond VII comme seul comte de Toulouse. |
Acculé, Amaury de Montfort doit partir.
Il obtient un accord qui lui permet de sauver la face,
mais il doit concretement abandonner ses possessions.
| 14 janvier 1224 : Accord de Carcassonne entre Amaury de Montfort et Raymond VII. |
| 15 janvier 1224 : Amaury de Montfort quitte le Languedoc. |
Malgrè la Croisade de Simon de Monfort
et Arnaud Amaury,
le Catharisme est toujours bien vivant dans le comté de Toulouse.
Il ne l'a même jamais autant été :
touchant auparavant les élites,
il fait maintenant des adeptes dans toutes les couches de la population
et s'implante dans la paysannerie.
La Croisade est un échec !
| fevrier 1224 : Amaury de Montfort donne les droits sur les fiefs de son père à la couronne. |
On assiste dès lors à un véritable marchandage diplomatique
entre Raymond VII
(qui souhaite le pardon de l'Eglise,
condition sine qua non de sa réhabilitation officielle),
Louis VIII
(qui souhaite mener la conquête du Languedoc
maintenant qu'il a acquis les droits de l'englober dans le domaine royal)
et le Pape Honorius III
(qui craint autant un comte ami des hérétiques qu'un roi de France de plus en plus puissant).
Louis VIII fixe dans un premier temps des exigences
tellement exorbitantes à son départ en Croisade en Languedoc
que le Pape joue la carte du comte de Toulouse.
| 25 août 1224 : L'archevêque de Narbonne reçoit au nom du Pape à Montpellier les serments de réconciliation de Raymond VII, du comte de Foix et du vicomte Trencavel. |
Louis VIII s'alarme alors de la tournure des choses :
le roi capétien ne peut laisser le Pape disposer
et distribuer les terres du royaume de France.
Devant le refus du Pape d'accéder à ses exigences (pour la croisade),
il avait tacitement accepté que Raymond VII
soit comte de Toulouse en tenant sa terre du roi...
mais de ce qu'il la tienne du Saint Siège, il n'est absolument pas question !
|  |
Les ambassadeurs de Louis VIII
et de Raymond VII rivalisent d'habileté à la cour pontificale.
Le Pape diffère une réponse difficile à donner.
La question albigeoise est confiée à un concile.
| 29 novembre 1225 : Concile de Bourges : jugement de Raymond VII. |
L'excommunication du comte de Toulouse est confirmée.
| janvier 1226 : Raymond VII est réexcommunié et déchu par le cardinal Saint-Ange. |
Raymond VII est déchu de tout ses titres
(y compris de ses titres de Provence,
même le concile de Latran n'avait pas été si dur !) et privilèges.
Amaury de Montfort reçoit
quant à lui quelques compensations,
tandis que l'intégralité des terres va au roi de France,
à charge pour lui de les conquérir sous le couvert de la croix.
On s'entête alors encore à nommer croisade ce qui n'était plus que conquête.
| 28 mai 1226 : L'armée royale est à Lyon. |
Les offres de soumissions des villes et forteresses affluent.
Un même mouvement que celui qui jadis avait porté toutes les allégences
à Raymond VII
se porte cette fois vers le roi Louis VIII.
Cet abandon général n'a rien avoir avec une quelconque attitude tyrannique
que Raymond VII n'a jamais eu
(alors que les persécussions de Simon de Montfort
avaient entraîné les defections).
Les raisons de cet abandon général sont complexes et emmelées,
mais on peut se risquer à en dégager quatre principales :
- L'armée qui s'avance pour la conquête du Languedoc n'est pas l'armée disparate et hétéroclite de 1209.
C'est l'armée royale de France, c'est à dire une machine à combattre organisée
(tant pour l'aspect commandement que pour l'intendance) et efficacement commandée.
Les chances de Raymond VII sont nulles.
On abandonne son parti car il n'a militairement aucune chance.
-
Le chef de cette expédition est le roi de France.
Le roi est sacré et oint, cela lui confère un prestige qui en impose
à l'homme du XIIIième siècle.
On s'est battu contre les faux-croisés de Simon de Monfort,
on s'est battu contre le fils du roi de France,
mais on tremble de se battre contre le roi lui-même,
le lieutenant de Dieu pour la France...
Et le fait que le roi actuel aie été le fils de roi (le boucher de Marmande)
qu'on a combattu ne change rien à l'affaire pour l'homme du XIIIième siècle.
On abandonne Raymond VII car son adversaire est le roi
et qu'on n'ose pas se battre contre le roi.
- Le roi vient prendre le contrôle direct du comté.
Les languedociens savent comment fonctionne l'ordre capétien :
il favorise les classes laborieuses au détriment de la haute féodalité
(dans le but d'affaiblir cette dernière).
Ceux qui ont quelque chose à perdre à passer sous la domination directe du roi de France,
ce sont les grands seigneurs, pas les petits seigneurs et encore moins les villes.
- Enfin et surtout, le Languedoc de 1226 n'est plus celui de 1208.
Il est ruiné et épuisé.
Il a subit une invasion, puis trouvé les forces d'une libération...
Il n'a plus la force d'affronter une nouvelle conquête.
On abandonne Raymond VII car on n'en peut plus de 17 ans de guerre !
 |
Avignon avait été parmi les tout premiers soutiens de la reconquête de 1216.
Avignon cette fois envoie des députés au roi à Lyon
pour lui offrir de passer le Rhône dans la ville.
Quand l'armée se présente, les Avignonais ont changé d'avis
(sans doute redoutent ils un pillage).
Ils ont construit un pont de bois pour permettre le passage promis,
mais ils ont fermé leurs portes pour que ce passage ne se fasse pas dans la ville.
Louis VIII décide de matter ces rebelles à une armée croisée,
ce qui n'est pas sans risque car Avignon n'est (à l'époque) pas française mais impériale.
L'empereur Frédéric II de Hohenstaufen
pourrait voir ce siège comme une aggression.
Le siège dura tout l'été, au cours duquel la vaillance des troupes royales
resta en butte à l'héroïsme des Avignonais.
Raymond VII à court de troupe
ne pouvait organiser que des harcelements du ravitaillement de l'armée.
La maladie s'installe chez les assiégeants,
et fit bientôt plus de morts que les combats.
Le 8 août un assaut général fut tenté mais repoussé.
Le roi tenait de plus en plus difficilement ses grands vassaux,
qui depuis le début répugnaient à aider de dépouiller l'un d'entre eux.
Thibault de Champagne quitte l'armée une fois sa quarantaine effectuée.
Le blocus s'intensifiant, la ville finit par céder.
Imposant à la ville des conditions financières et défensives
(démantelement des fortifications),
il lui épargne le sort qu'il avait jadis laissé subir à Marmande.
Il n'y eut ni pillage ni massacre.
 | Dès lors, la Croisade Royale n'est qu'une promenade militaire.
Louis VIII prend possession sans problème
de Béziers, Carcassonne,
Castelnaudary, Puilaurens.
Retardé par le siège d'Avignon, et se sentant malade,
il décide de regagner Paris
et de différer la prise de Toulouse
(qui restait seule fidèle à Raymond VII) à l'année suivante,
s'assurant au passage de Rodez et Albi.
|
A Montpensier, la maladie redouble et il doit s'aliter pour ne plus se relever.
Le roi de France était maintenant un enfant de 12 ans,
pour qui une reine mère originaire de Castille allait assurer la régence.
C'est le scénario catastrophe que Philippe Auguste
avait confié redouter sur son lit de mort.
Pour Raymond VII en revanche,
c'était une aubaine inespérée.
Il lui restait encore Limoux, le Razès et la fidèle Toulouse.
Les grands féodaux de France n'attendaient qu'un tel affaiblissement du pouvoir royal
pour relever la tête et tenter de s'affranchir du pouvoir du roi.
Le début de la régence de Blanche de Castille est donc très difficile
car il lui faut lutter à plusieurs reprises contre les grands féodaux
soutenus par le roi d'Angleterre.
|  |
L'effort de guerre royal est donc gelé.
Des troupes régulières (sous les ordres d'Humbert de Beaujeu)
remplacent les croisés et sont entretenues pour tenir le pays conquis,
mais aucun moyen permettant de poursuivre la campagne ne peut être libéré à ce moment.
Raymond VII réussit à faire face avec ses faibles moyens.
| printemps 1228 : Saccage du Languedoc par les troupes royales. |
Quand la situation politique dans le Nord se stabilise à nouveau,
l'effort reprend, avec un saccage systématique des richesses du Languedoc,
et en particulier de la région de Toulouse :
à défaut de pouvoir le réduire militairement, on ruine le Languedoc économiquement !
La situation est bloquée :
Raymond VII n'a aucune chance
de récupérer ses anciens territoires
et Blanche de Castille n'a pas les moyens
de l'écraser complétement avant longtemps.
On décide donc de traiter.
Les pourparlers sont engagés pour aboutir à un traité de réconciliation.
Rarement traité fut aussi dur !
En fait de traité, il s'agit d'une capitulation de Raymond VII
lui permettant juste de sauver une petite partie de ses droits,
et surtout (mais n'est-ce pas le plus important?)
d'arrêter enfin cette guerre qui dure depuis une vingtaine d'années !
| 12 avril 1229 : Signature du traité de Meaux et réconciliation de Raymond VII avec l'Eglise. |
Pour se réconcilier avec l'Eglise, Raymond VII
doit s'humilier de la même façon que son père jadis à Saint Gilles,
mais cette fois à Notre Dame de Paris.
|  |
Les conditions du traité se résument en :
- Raymond VII promet de combattre par tous les moyens l'hérésie Cathare.
- Le duché de Narbonne, le marquisat de Provence et ce qui sera plus tard le Languedoc sont annexés au domaine royal.
- Raymond VII garde l'usufruit du reste
(comté de Toulouse et quelques autres seigneuries -
soit à peine la moitié de ses anciennes terres) jusqu'à sa mort.
- Sa fille (Jeanne de Toulouse)
est mariée à un frère du roi (Alphonse de Poitiers).
C'est elle qui héritera des domaines que l'on laisse à son père.
La dernière clause sonne le glas de la domination de la lignée des Saint Gilles
sur le comté de Toulouse.
On ne sait pas encore que Jeanne et Alphonse
n'auront pas de descendants, et que leur domaines allant alors à la Couronne,
le domaine royal récupérera finalement aussi les terres laissées à Raymond VII.
Les Cathares ont perdu leur dernier protecteur.
Le cardinal Saint Ange accompagne Raymond VII à Toulouse
pour y créer une police ecclésiastique qui préfigure la future Inquisition.
Malgrè le manque de zèle évident de Raymond VII,
la répression du Catharisme s'installe peu à peu.
L'Eglise et la régente se faisant pressants,
le comte de Toulouse doit prendre des mesures.
| 20 avril 1233 : Raymond VII publie une ordonnance contre les Cathares. |
| 20 avril 1233 : Le Pape Grégoire IX crée par lettre circulaire l'Inquisition (pour combattre l'hérésie en France). |
Dès lors, c'est le règne de la terreur dans le Languedoc.
Les protestations de Raymond VII
auprès du Pape n'y changeront rien.
| 1240 : Prise du château de Peyrepertuse. |
 | | 28 mai 1242 : Massacre d'Avignonet. |
Pierre-Roger de Mirepoix
(gouverneur du château de Montségur)
lance une expédition punitive contre les inquisiteurs d'Avignonet,
qui se solde par le massacre des inquisiteurs.
Aussitôt, les croisés viennent mettre le siège devant Montségur
qu'ils enlèvent au terme d'un siège très dur de 10 mois.
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| 16 mars 1244 : Reddition de Montségur. Plus de 200 cathares sont brûlés pour n'avoir pas voulu se convertir. |
| 23 août 1244 : Les croisés perdent définitivement Jerusalem. |
La garnison de Montségur a la vie sauve,
mais 215 Cathares qui ont refusé de renier leur foi
périssent dans les flammes du bûcher.
C'est la fin de toute résistance organisée.
Les dernières forteresses tombent les unes après les autres,
tel Puilaurens quelques temps plus tard
et pour finir le château de Quéribus.
| 23 novembre 1248 : Prise de Séville aux musulmans par Ferdinand III, roi de Castille et de Léon. Il ne reste plus aux musulmans que le royaume de Grenade, qui paie tribut. |
| 1248 à 1250 : Invasion de l'Egypte par Saint Louis qui est vaincu et capturé. |
| mai 1255 : Reddition du château de Quéribus. |
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| 1321 : Le dernier Parfait cathare, Guilhem Bélibaste, est brûlé au château de Villerouge-Termenès. |
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