l'édit de Nantes
13 avril 1598
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Depuis 35 ans, les guerres de religion ensanglantent la France. Le parti catholique (en particulier la fanatique Ligue) et le parti protestant se déchirent. Le pays et les familles nobles sont divisés.

Les derniers Valois sont restés fidèles à la religion catholique. Un espoir s'était fait jour avec le rapprochement du roi Henri III et du roi Henri de Navarre, chef du parti protestant.

 30 avril 1589 1 : Réconciliation d'Henri III et d'Henri de Navarre.
 2 août 1589 2 : Assassinat d'Henri III par le moine Jacques Clément. Avénement d'Henri IV.

Malheureusement, l'assassinat d'Henri III et la loi salique font d'Henri de Navarre l'héritier de la couronne, ce qui réduit à néant l'espoir de paix, car même les catholiques qui acceptaient de faire la paix avec les protestants ne veulent pas d'un roi protestant.

France lors des guerres de religion
La France pendant les guerres de religion

Statue d'Henri IV - Photo utilisée avec l'aimable autorisation de F. Reynes

Pour accéder au trône Henri IV doit se convertir au catholicisme (ce n'est pas la première fois qu'il abjure l'une ou l'autre religion). Cette condition remplie, il finit par s'imposer comme roi de France sous le nom d'Henri IV, installant une nouvelle dynastie, celle des Bourbons.

 25 juillet 1593 3 : Henri IV abjure pour la dernière fois le Protestantisme à Saint Denis.
 27 fevrier 1594 4 : Sacre d'Henri IV à Chartres.
 22 mars 1594 5 : Entrée d'Henri IV dans Paris.
 17 septembre 1595 6 : L'excommunication d'Henri IV est levée.

Il lui reste encore à clore définitivement les guerres de religion en faisant la paix entre les partisans de son ancienne et de sa nouvelle religion.

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La forme du texte (un édit) laisse supposer un texte unilatéral, donné par le roi (parce qu'il le veut bien et qu'il est bien gentil...). C'était le cas des autres édits signés par ses predecesseurs, qui reprenaient à peu près les mêmes idées, mais sans jamais être appliqués dans la réalité. Cette fois ci, il s'agit plus d'un traité aprement discuté par les deux partis.

Le traité est achevé et signé par le roi à Nantes, d'où son nom.

 13 avril 1598 7 : Edit de Nantes : Liberté de culte pour les Protestants. Fin des guerres de religion.
Entrée du château

Même s'il semble que le terme n'y apparaisse pas, on parle très souvent d'un édit de tolérance. C'est tout à fait l'esprit dans lequel il est négocié, mais pas dans le sens moderne du terme. De nos jours, on parle de tolérance pour décrire un sentiment de respect vis à vis des différences des autres et un souci de laisser à chacun la liberté de penser, croire, exister comme il le veut et comme il est. A l'époque, tolérer est synonyme de supporter, dans le sens le plus négatif du terme. On tolère quelque chose de très désagréable car on ne peut pas faire autrement... On supporte ce qu'on ne peut pas détruire ou empecher. Quand on parle d'édit de tolérance, il faut donc entendre qu'on parle d'un texte qui définit comment deux partis (qui se sont étripés pendant des années) vont s'organiser pour coexister en paix, chacun s'y resignant faute d'avoir pu éliminer l'autre...

Henri IV signe l'édit de Nantes - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
Henri IV signe l'édit de Nantes - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
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Les points les plus importants de l'édit de Nantes sont les suivants :

  • un vraie liberté de conscience
    Chacun est libre de croire dans son coeur, et de pratiquer dans son foyer, la religion qu'il désire. C'est une sacrée avancée, vu que les protestants étaient jusqu'ici considérés par l'autorité royale comme des hérétiques. J'ignore si cette disposition s'appliquait ou pas aux juifs
  • une forme de liberté de culte
    La liberté de culte, c'est-à-dire le droit de pratiquer aux yeux de tous sa religion, en particulier dans un lieu de culte (église ou temple) n'est pas si nettement donnée. Elle est garantie aux protestants dans tous les endroits où leur religion était présente avant 1597. Les protestants peuvent aussi pratiquer leur culte dans 3500 châteaux et au moins deux villes par baillage. Dans certaines grandes villes catholiques, le culte protestant est interdit ; dans d'autres villes protestantes, c'est le culte catholique qui est interdit. Faute d'une vraie liberté de culte partout, chacun a au moins un endroit où pratiquer sa foi.
  • des garanties juridiques
    Dans certaines villes où ils sont très présents, les protestants gagnent le droit d'être jugé par des juris constitués pour moitié de protestants
  • des garanties militaires
    Un certain nombre de places fortes de sureté sont données en garanties aux protestants. Entretenues par le trésor royal, elles leur assurent de conserver une capacité militaire de repli si la guerre civile devait reprendre.
  • une amnistie générale
    Tous les crimes commis de part et d'autre doivent être oubliés. Aucune juridiction judiciaire ne peut entamer ni poursuite ni procès sur les exactions de la guerre civile.

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Encore une fois, les principales mesures proposées par l'édit ne sont pas des nouveautés : de précedents édits proposaient déjà la liberté de conscience, des zones où le culte était autorisé et des places de sureté. La première nouveauté, c'est que cette fois-ci, on va vraiment se donner les moyens de l'appliquer.

La seconde nouveauté, c'est que pour une fois les protestants sont traités comme des sujets du roi presque comme les autres. Auparavant, on légiférait sur une faction sédicieuce et agitatrice, à qui on concedait des faveurs. Avec l'édit de Nantes, ils ont un statut (même si le statut des catholique est plus confortable), pas un régime de faveur provisoire et précaire.

La troisième nouveauté, c'est la position nouvelle du roi : il ne se pose plus en chef de l'un des parti qui demande à l'autre de faire amende honorable et de rentrer dans le rang, mais il se pose en arbitre entre deux factions. Il ne participe plus à l'affrontement, il l'arbitre. Cette attitude du roi qui le place au dessus des dissensions religieuses est un premier pas très fort vers l'absolutisme : d'arbitre, le roi deviendra bientôt seul juge et seul décideur.

Quelques soient ses insuffisances et ses implications institutionnelles, l'édit de Nantes se revelera une grande réussite. Pendant plusieurs décennies, les catholiques et les protestants de France vivront en paix. Grâce à lui, les guerres de religion sont bien finies.

L'édit sera modifié une fois par l'édit de grâce d'Alès qui maintient la liberté religieuse mais annule le volet militaire (il fait suite au siège de La Rochelle). Il sera ensuite révoqué par Louis XIV, entrainant des conséquences humaines et économiques dramatiques.

 28 juin 1629 8 : Edit de grâce d'Alès : confirme les libertés religieuses, mais supprime les places de sûreté des Protestants.
 18 octobre 1685 9 : Edit de Fontainebleau = Révocation de l'Edit de Nantes.
Sources des dates citées dans cette page :
 - 1 (30 avril 1589) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome III, p 1303
 - 2 (2 août 1589) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 49
 - 3 (25 juillet 1593) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 51
 - 4 (27 fevrier 1594) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 51
 - 5 (22 mars 1594) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 51
 - 6 (17 septembre 1595) : d'après "l'histoire chronologique et généalogique de la maison royale de France" du père Anselme de Sainte Marie tome I, p 145
 - 7 (13 avril 1598) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 51
 - 8 (28 juin 1629) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 53
 - 9 (18 octobre 1685) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome IV, p 1743
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