Clovis Ier
Roi des Francs Saliens et Ripuaires
Naissance
vers 465
Mort
27 novembre 511
Généalogie
Pas de blason
MérovingiensRoi des Francs Saliens = Clovis Ier
Début : vers 481 / Fin : 27 novembre 511
MérovingiensRoi des Francs Ripuaires = Clovis Ier
Début : vers 509 / Fin : 27 novembre 511
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Clovis ne s'est jamais appelé Clovis
Haut de pagepas de paragraphe précédentL'enfance de Clovis

Son vrai nom est Chlodowech, et ce sont les historiens classiques qui le déformèrent en Clovis. Parallèlement, le prénom Chlodowech a aussi évolué avec la langue en Chlodowichus puis Lodovicus. Sous les Carolingiens, il est devenu Ludovicus. Le Français en fait Lodoïs, puis Looïs et enfin Louis. Donc, si les historiens avaient fait évoluer l'appelation du roi en même temps que le prénom, Clovis serait Louis Ier !

Un retour en arrière n'est plus possible, ou sinon il faudrait décaler nos rois Louis de 4 crans (puisqu'il y a eu un Clovis IV). Imaginez vous réapprendre que Louis XIII est devenu Saint Louis, que Louis XVII avait pour ministre Richelieu, que Louis XVIII a construit Versailles et que Louis XX a été guillotiné? Non ! Chlodowech restera donc pour toujours Clovis !

L'enfance de Clovis
Haut de pageClovis ne s'est jamais appelé ClovisLa conquête de la Gaule
 vers 465 1 : Naissance de Clovis.

Clovis est né en 465 et est le fils du roi des Francs Saliens Childéric Ier et de Basine.

Pendant l'enfance de Clovis, les barbares portent leurs derniers coups de boutoir au vieil empire romain. Le roi des Hérules Odoacre s'empare de Rome et dépose le dernier empereur.

 4 septembre 476 2 : Prise de Rome par les Hérules d'Odoacre. Abdication du dernier empereur d'occident Romulus Augustule. Fin de l'Empire Romain d'Occident et de 6 siècles d'autorité romaine en Gaule.

L'ancien Empire n'est plus qu'une mosaïque d'états germaniques (sauf le royaume de Syagrius entre Somme et Loire où persiste un pouvoir gallo-romain secessionniste).

Gaule à la chute de l'Empire romain
La Gaule après la chute de l'Empire romain d'occident
La conquête de la Gaule
Haut de pageL'enfance de ClovisClovis et l'Eglise de Gaule
 vers 481 3 : Clovis devient roi des Francs Saliens.

Clovis Ier conquiert au cours de son règne tous les territoires de l'ancienne Gaule :

Gaule à l'avenement de Clovis
La Gaule à l'avenement de Clovis

  • Il défait les derniers Gallo-Romains. La bataille de Soissons marque la fin du royaume de Syagrius.
  • Les Burgondes sont battus à Ouche. Leur royaume ne sera complètement conquis qu'en 524 par Clodomir.
  • Les Alamans sont défaits à Tolbiac et repoussés hors de Gaule.
  • Les Wisigoths, enfin, sont refoulés en Espagne, et les Francs atteignent les Pyrénées.

Le vase de Soissons - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968
 vers 486 4 : Bataille de Soissons. Fin du royaume de Syagrius, dernier état Gallo-Romain indépendant.
 vers 486 5 : Le vase de Soissons.
 vers 496 6 : Bataille de Tolbiac. Mal commencée par les Francs, elle tourne à leur avantage après que Clovis aie imploré l'aide du « Dieu de Clotilde ». La tradition y voit l'origine de son baptème. Défaite des Alamans.
 500 7 : Bataille d'Ouche. Défaite des Burgondes de Gondebaud.
 507 8 : Bataille de Vouillet. Défaite des Wisigoths d'Alaric II.

En se faisant reconnaître roi des Francs ripuaires (c'est l'épisode de la levée sur le pavois), Clovis devient seul roi des Francs et seul maître en Gaule.

 vers 509 9 : Clovis est hissé sur le pavois et reconnu roi par les Francs ripuaires.
Les guerriers francs choisissent Clovis pour roi - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968

A la fin du règne de Clovis, l'ancienne Gaule est presque reconstituée :

Royaume de Clovis
Le royaume de Clovis
Clovis et l'Eglise de Gaule
Haut de pageLa conquête de la GauleUn des héros des livres d'Histoire

Très tôt, le roi des Francs a entretenu des rapports privilégiés avec l'Eglise, la seule institution de l'ancien empire romain à avoir survécu à l'effondrement. Ceci est bien mis en évidence par l'anecdote du vase de Soissons, où le roi (vainqueur de la bataille et participant au partage du butin) préfère braver ses guerriers et les coutumes ancestrales que d'éconduire les envoyés du puissant évêque de Reims.

 vers 486 10 : Le vase de Soissons.

La Gaule chretienne est alors divisée entre la doctrine catholique orthodoxe (religion des romains) et l'hérésie arienne (défendue par les puissants Wisigoths et Burgondes). Si les ariens ont comme soutien les peuples les plus puissants de l'occident, les catholiques sont desespérément à la recherche d'un défenseur. Clovis et ses francs, païens mais qu'on ne desespère pas de convertir, pourraient remplir ce rôle.

Quand Clovis décide de se marier, il épouse une princesse burgonde, mais catholique (alors que l'aristocratie burgonde était majoritairement arienne). C'est un nouveau signe de rapprochement vers l'Eglise catholique de Gaule.

 493 11 : Mariage de Clovis avec Clotilde, princesse burgonde et catholique.
 vers 496 12 : Bataille de Tolbiac. Mal commencée par les Francs, elle tourne à leur avantage après que Clovis aie imploré l'aide du « Dieu de Clotilde ». La tradition y voit l'origine de son baptème. Défaite des Alamans.

A Tolbiac, la tradition veut que le voeu de Clovis aie été exaucé et qu'une victoire miraculeuse lui aie été donnée alors que la défaite avait menacé. C'est l'origine qui est traditionnellement donnée à son baptême, en plus de l'influence de la pieuse Clotilde, mais nous avons vu que le rapprochement était amorcé depuis bien longtemps déjà.

Le baptême de Clovis - Gravure extraite d'un manuel scolaire de 1968

Par son baptême, Clovis obtient le soutien de l'Eglise de Gaule, c'est-à-dire le soutien de la population gallo-romaine.

 25 décembre 496 ou 497 13 : Clovis est baptisé en même temps que 3000 de ses guerriers à Reims par Saint Rémi.

En même temps que Clovis, de nombreux guerriers francs reçoivent le baptême. C'est peut être la plus grande victoire pour le roi : il sort du système social traditionnel des francs où il était le maître absolu en temps de guerre mais un guerrier comme les autres en temps de paix pour passer dans un système où il est souverain de roi divin, c'est-à-dire maître absolu du royaume non plus par intermitance et grâce à une élection par les guerriers mais à plein temps par ordre d'un dieu tout-puissant. Politiquement, ce n'est plus du tout la même chose, et on comprend bien les perspectives nouvelles que cela lui ouvrait.

La sincérité de la conversion de Clovis est une autre question. Nous n'avons pas les moyens de savoir si dans le secret de son coeur il y avait un fond de sincérité ou si la manoeuvre était purement opportuniste... il faut cependant reconnaître qu'elle n'était pas sans interêts politique pour lui.

C'est l'acte fondateur de la monarchie française. Il consacre également le mariage entre la royauté franque (puis française) et l'Eglise catholique.

Cette orientation est confirmée par le concile que réuni Clovis (réunir un concile est un acte de dirigeant ecclésiastique !) et qui consacre leur union.

 juillet 511 14 : Clovis réunit le concile d'Orléans qui consacre l'alliance de l'Eglise de Gaule avec la couronne Franque.

Le destin de la Gaule est scellé : elle sera franque et catholique, alors que trente ans plus tôt on l'aurait jurée wisigothique et arienne !

Le résultat ne se fait pas attendre : Clovis reçoit le titre de Patrice de l'Empereur d'Orient. La prise de pouvoir du roi barbare en Gaule est reconnue et acceptée par l'Empereur Romain !

 27 novembre 511 15 : Mort de Clovis. Partage de son royaume entre ses quatre fils.

A la mort de Clovis, son royaume est partagé selon la coutume germanique entre ses quatre fils.

Un des héros des livres d'Histoire
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Clovis figure en très bonne place dans la liste des héros classiques des manuels scolaires. Plusieurs clichés le concernant sont des grands classiques : le vase de Soissons, le pavois et le baptème.

Clovis a commencé a être ainsi mis en vedette à l'époque classique, quand ses successeurs tendaient à la fois vers l'absolutisme en France et vers une dominance en Europe. Evoquer Clovis, c'était mettre en évidence la grande ancienneté de la royauté française (à coté des autres monarchies étrangères plus récentes) et son caractère sacré et divin (le baptême, la colombe, la Sainte Ampoule, etc...). L'histoire officielle commençait d'ailleurs avec ce roi, et les romains comme les gaulois étaient superbement ignorés.

Avec la fin de la royauté, le discours officiel change d'orientation (même si l'enseignement catholique continuait à célébrer le baptême et le mariage de la France et de l'Eglise) car le pouvoir républicain veut fabriquer des petits patriotes qu'on enverra un jour reconquérir l'Alsace et la Lorraine les armes à la main. Clovis est alors moins vu comme un souverain de droit divin que comme le fondateur de la nation. Il reste donc à la mode car on lui fait incarner la naissance de la nation française.

Loin de ces manoeuvres démagogiques de propagande, constatons simplement que le règne de Clovis a fait sortir la Gaule de l'incertitude (hélas pas de la misère ni du chaos) où elle était après la chute de l'empire romain ; son destin est désormé tracé : elle sera franque et catholique. Toute notre histoire eût été radicalement différente (mieux ou pire, c'est difficile à dire, mais différente c'est certain) sans ce destin exceptionnel... et ceci c'est déjà une bonne raison de figurer dans les livres d'histoire !

Cette personne est référencée dans l'ouvrage du père Anselme :

   - Tome I, p 4, dans la section « CHAPITRE PREMIER - Rois de France de la première race, dite des Mérovingiens ».

Sources des dates citées dans cette page :
 - 1 (vers 465) : d'après le site "Larousse.fr" article
 - 2 (4 septembre 476) : d'après le site "De Imperatoribus Romanis" biographie
 - 3 (vers 481) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 13
 - 4 (vers 486) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 13
 - 5 (vers 486) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome I, p 105
 - 6 (vers 496) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 13
 - 7 (500) : d'après "aide-mémoire d'histoire de France" de J. Berthier p 43
 - 8 (507) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 13
 - 9 (vers 509) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 13
 - 10 (vers 486) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome I, p 105
 - 11 (493) : d'après "l'histoire de France en bandes dessinées" tome I, p 83
 - 12 (vers 496) : d'après "la chronologie de l'histoire de France" de JC Volkmann p 13
 - 13 (25 décembre 496 ou 497) : d'après "le journal de la France" des Librairies Jules Tallendier tome I, p 105
 - 14 (juillet 511) : d'après Wikipédia article
 - 15 (27 novembre 511) : d'après "l'histoire chronologique et généalogique de la maison royale de France" du père Anselme de Sainte Marie tome I p 4
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